1. 12 Études postsecondaires


1.1. Vous Songez à faire des études postsecondaires?

Facteurs que les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme et leurs familles devraient prendre en considération

Par Jason Manett et Kevin P. Stoddart

Les collèges et les universités de l’Ontario signalent que les personnes ayant reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) sont plus nombreuses que jamais à souhaiter parfaire leur formation dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Cette nouvelle réalité résulte sans doute de la tendance à poser un diagnostic et à intervenir plus rapidement ainsi que de notre capacité à repérer les personnes touchées par des formes plus légère de TSA, tel que le syndrome d’Asperger. Bien que cette tendance soit encourageante, les études postsecondaires posent des défis, non seulement aux personnes ayant un TSA, mais aussi aux systèmes de soutien mis en place dans les collèges et les universités. Fort heureusement, ces établissements d’enseignement souhaitent être accessibles à un large éventail d’étudiants handicapés. Dans l’article qui suit, nous décrivons certains des facteurs clés dont doivent tenir compte les personnes qui envisagent des études postsecondaires, ainsi que leurs familles.

Est-ce que les études postsecondaires sont le bon choix pour moi en ce moment?

Les études postsecondaires peuvent faciliter le choix de carrière d’une personne et l’aider à cerner ses propres intérêts; cependant, elles sont coûteuses, restreignent le temps disponible pour d’autres activités et pour le perfectionnement professionnel, et peuvent être une source importante de stress. Il est important de s’assurer que le choix de fréquenter un établissement d’enseignement postsecondaire est en lien direct avec les objectifs professionnels ou scolaires de l’étudiant.

Il est parfois préférable de se préparer à entrer sur le marché du travail, d’acquérir une expérience de travail ou de bénévolat ou de développer d’autres aptitudes à la vie quotidienne. Si la personne ayant un TSA est toujours aux prises avec de graves problèmes de santé mentale ou éprouvent encore des difficultés liées à la vie quotidienne ou à ses comportements durant ou après ses études secondaires, il est important de s’attaquer à ces problématiques avant d’envisager la poursuite d’études postsecondaires. Pour bon nombre d’élèves, l’école secondaire s’avère une expérience stressante; ils peuvent donc avoir besoin d’une période d’un an ou deux au cours de laquelle ils seront moins sollicités sur les plans scolaire et social. Durant cette période, il est cependant important qu’ils continuent de répondre à certaines attentes, qu’ils aient des activités régulières ainsi qu’une routine quotidienne.

Dois-je m’inscrire au collège ou à l’université?

Les collèges d’arts appliqués et de technologie offrent des programmes à temps plein ou à temps partiel menant à l’obtention d’un diplôme ou d’un certificat. Bon nombre d’entre eux offrent aussi des baccalauréats dans des domaines d’études appliquées, des programmes de passage à l’université qui permettent aux étudiants d’obtenir des crédits en vue de l’obtention d’un diplôme universitaire ainsi que de cours de formation préparatoire à l’exercice d’un métier, des cours de langue et des programmes de perfectionnement des compétences. Les collèges privilégient habituellement l’apprentissage appliqué et se concentrent sur la formation professionnelle et les métiers, les expériences pratiques et les possibilités de programmes coopératifs.

Les universités offrent des programmes menant à des diplômes de premier cycle (le baccalauréat) et d’études supérieures (la maîtrise et le doctorat). Bon nombre d’entre elles offrent des programmes de formation professionnelle, comme la médecine, la dentisterie et le droit. Elles se concentrent généralement sur la formation générale et professionnelle, et accordent plus d’importance que les collèges à la recherche ainsi qu’au développement de la pensée abstraite ou critique. Les universités ont des normes d’admissibilité plus élevées et la plupart des programmes universitaires exigent énormément de lectures et une grande maîtrise de l’écriture.

Est-il préférable de fréquenter un plus grand ou un plus petit établissement d’enseignement?

L’avantage des plus grands établissements d’enseignement tient à leur capacité habituelle d’offrir un plus large éventail de programmes et de cours. Selon la nature des intérêts des étudiants, ce peut être un avantage décisif par rapport aux plus petits établissements. En outre, les grands établissements mettent souvent un plus grand nombre de programmes de soutien et de services à la disposition des étudiants ayant un TSA, tant sur leurs campus que dans la collectivité environnante.

Il peut y avoir des avantages à fréquenter un grand établissement d’enseignement, mais certains étudiants ayant un TSA éprouvent d’énormes difficultés à s’accommoder de la présence d’un aussi grand nombre de personnes et à s’orienter sur le campus – habituellement situé dans une grande ville. Les plus petits établissements ont souvent des classes moins nombreuses et sont plus conviviaux; l’accès aux professeurs et aux autres services peut y être plus facile. Il est cependant important de s’assurer que les soutiens et les services nécessaires sont disponibles, soit au sein de l’établissement ou dans la collectivité avoisinante, et que les établissements offrent un programme d’études adapté à vos besoins. Dans certains cas, un petit établissement d’enseignement, dans une ville de moyenne ou grande densité, est une bonne façon de profiter des avantages d’un milieu scolaire de petite taille tout en ayant accès à des services de soutien dans la collectivité.

Où devrais-je habiter?

Les conditions de vie d’un étudiant ayant un TSA peuvent faire toute la différence entre une expérience d’études fructueuse ou infructueuse. Pour ce qui est des conditions de logement, il important de tenir compte des objectifs et des défis sociaux de l’étudiant, du degré d’intimité qu’il préfère ou dont il a besoin, de ses différences sensorielles (p. ex., sa sensibilité au bruit ou à la lumière), de ses préférences ou routines concernant l’alimentation et le sommeil ainsi que du niveau de soutien qui lui a été antérieurement fourni par les parents ou par d’autres personnes à la maison. Pour ces motifs, le logement hors campus, en toute autonomie, est une option qui sourit à bon nombre de personnes ayant un TSA et à leurs familles.

De nombreux étudiants choisissent de quitter le domicile familial pour vivre dans une résidence collégiale ou universitaire. Ce choix offre la possibilité de devenir plus indépendant et de tisser des liens sociaux. De surcroît, les résidences offrent souvent des plans repas et sont situées à proximité des salles de cours. Parallèlement, les attentes sociales sont considérables, l’intimité est limitée, les soutiens et la supervision liés à la vie quotidienne sont minimes, et il peut y avoir du bruit ou des activités à toute heure du jour ou de la nuit. Si l’étudiant décide de vivre en résidence, il a tout intérêt à visiter la résidence à l’avance et durant l’année scolaire. Il peut aussi être utile de s’enquérir de la possibilité d’avoir une chambre privée; il ne faut pas écarter non plus la possibilité de demander une chambre privée en raison d’un diagnostic de TSA. La vie en résidence sur le campus ou en appartement hors campus, à temps partiel (p. ex. seulement les jours de semaine), dans la même ville que sa famille, fournit l’occasion à l’étudiant de devenir plus indépendant que s’il restait à la maison tout en continuant de bénéficier du soutien de ses amis et de sa famille.

Le choix des futures conditions de vie de l’étudiant ayant un TSA doit toujours tenir compte du degré d’indépendance dont il fait preuve à la maison. S’il ne semble pas ou n’est pas encore capable de satisfaire aux exigences quotidiennes de la vie en solo (p. ex., se coucher à une heure raisonnable et se lever à temps, bien manger, consacrer un temps suffisant à ses études, en délaissant au besoin ses activités ludiques et ses intérêts personnels, prendre régulièrement ses médicaments, gérer son argent), son rendement scolaire en souffrira fort probablement. L’étudiant qui vit hors campus doit se familiariser avec les systèmes de transport et les trajets, en particulier dans les petites collectivités où il n’existe pas toujours de service d’autobus régulier.

Existe-t-il des services spécialisés pour les étudiants ayant un TSA dans les collèges et les universités?

Certains collèges et universités ont mis sur pied des services spécialisés et des soutiens pour les étudiants ayant des TSA, tels que des programmes de mentorat et des clubs sociaux sur le campus. Souvent, les renseignements sur ces services sont disponibles sur le site Web de l’université ou au bureau des Services aux personnes handicapées*. Certains conseillers à l’emploi de ces bureaux possèdent une vaste expérience du soutien aux étudiants ayant des TSA; mais les conseillers qui œuvrent dans les domaines de la santé mentale, des troubles d’apprentissage ou d’attention et des incapacités médicales possèdent aussi une grande expérience qui enrichit le processus de soutien aux étudiants ayant un TSA. Les étudiants qui ont des besoins particuliers peuvent obtenir une bourse qui leur est réservée, au titre du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO), pour se procurer des services spécialisés tels que des services de counseling, d’encadrement scolaire, de tutorat et d’évaluation psychologique. Certains collèges ont conçu des programmes à l’intention des étudiants qui ont des déficiences intellectuelles ou des troubles du développement; ces programmes peuvent aussi convenir à certaines personnes ayant un TSA.

Quel est le rôle des parents?

L’admission dans un établissement d’enseignement postsecondaire peut être stressante pour les parents aussi! Souvent, les familles ressentent le besoin de discuter de leur rôle avec un professionnel au moment où leur jeune adulte accède à une plus grande indépendance; le rôle des familles à l’étape de la transition vers le collège ou l’université ne fait pas exception. Les membres des familles sont habituellement moins impliqués à cette période de la vie de l’étudiant, mais des tâches importantes peuvent alors être prises en charge par les parents. Ces derniers sont bien placés pour prévoir les besoins de leur enfant dans un milieu d’études postsecondaires, pour aider à décrire les soutiens et les mesures d’adaptation dont celui-ci a déjà bénéficié, pour favoriser le développement de sa capacité d’autodéfense, pour lui fournir des services de soutien additionnels et/ou prendre des dispositions pour que ces services lui soient fournis et pour le soutenir dans ses communications avec l’établissement d’enseignement. (Il est important de noter que le consentement écrit de l’étudiant est requis pour qu’une communication directe puisse être établie entre les parents et les bureaux des services aux personnes handicapées.) Une évaluation psychologique globale de l’étudiant nécessite souvent une certaine préparation. Il est préférable de prévoir cette évaluation au cours du dernier trimestre ou semestre de l’école secondaire afin que le psychologue évaluateur puisse interviewer les enseignants de l’école et d’autres membres du personnel scolaire, si nécessaire.

Où commençons-nous?

Lorsque l’inscription à un programme ou à un établissement est envisagée, il est important d’offrir à l’étudiant ayant un TSA une visite d’orientation sur le campus et dans la collectivité environnante. Idéalement, les promenades sur le campus doivent avoir lieu pendant les cours et en dehors des périodes de cours. Il est également possible de visiter les différents bâtiments des campus et les résidences; l’étudiant peut profiter de ces visites pour poser des questions au sujet des plans repas et des chambres privées. Une foule de renseignements sur les universités et les soutiens qu’elles offrent aux étudiants est maintenant disponible en ligne. Il est également important de se familiariser avec les services disponibles sur le campus et hors campus ainsi qu’avec l’expérience de l’université en regard des étudiants ayant des TSA. Enfin, il peut être utile d’assister à une séance d’orientation concernant le bureau des services aux personnes handicapées et de se renseigner sur les services offerts. Il est important de savoir que certains de ces bureaux offrent également une séance d’orientation avant le début des cours.

 

 
Jason Manett, candidat au doctorat, est mentor et instructeur en dynamique de la vie au Redpath Centre et conseiller en services pour les personnes handicapées aux Services d’accessibilité, de l’Université de Toronto (Campus St. George). Il est également candidat au doctorat en développement humain et en psychologie appliquée à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, à l’Université de Toronto. Il a œuvré pendant 15 ans auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes ayant des difficultés d’apprentissage, des troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention et des troubles du spectre de l’autisme

Kevin P. Stoddart, Ph. D, est directeur du Redpath Centre (Toronto et London, Ontario) et professeur adjoint à la faculté de travail social Factor-Inwentash, de l’Université de Toronto. Il a travaillé dans les domaines des troubles du spectre de l’autisme, des troubles du développement et de la santé mentale des enfants et des adultes. Au cours des 20 dernières années, il a orienté sa pratique clinique vers les enfants, les jeunes et les adultes ayant reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger et ceux souffrant de troubles comorbides d’intégration sociale et de santé mentale.

 

*Chaque établissement d’enseignement postsecondaire a son propre nom pour les « Services aux personnes handicapées ». Parmi les autres noms possibles sont « Service d’accès » et « Services aux étudiants ayant des besoins particuliers ».

 

Mots clés : mesures d’adaptation, adultes, adolescents, collège, planification, études postsecondaires, autodéfense, transition, université

 

1.2. Relever les défis des études postsecondaires :Stratégies à l’intention des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme

Jason Manett et Kevin P. Stoddart

Les étudiants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) peuvent trouver leurs années d’études postsecondaires à la fois enrichissantes et exigeantes. Les défis des études postsecondaires sont généralement plus grands pour eux en raison des différences entre l’école secondaire et les collèges et universités sur les plans scolaire et bureaucratique, et en ce qui a trait au mode de vie et au soutien dont ils ont besoin.

Au niveau postsecondaire, les étudiants ayant un TSA devraient pouvoir « prendre leurs études en main », et les membres des familles s’impliquer moins activement qu’au cours des années antérieures. De par la loi, l’établissement d’enseignement est tenu de les considérer comme des adultes; le personnel du collège ou de l’université doit donc obtenir leur autorisation écrite pour communiquer avec leurs parents. Les étudiants ont la responsabilité de se renseigner sur les dates de remise de leurs travaux et les dates d’examens, de s’acquitter des tâches qui leur ont été confiées, d’évaluer s’ils ont besoin d’aide ou de soutien et de prendre les dispositions nécessaires pour l’obtenir. À l’occasion, les professeurs et les formateurs acceptent de fournir un soutien individuel, mais ils sont très occupés et ne prennent pas toujours le temps de renseigner les étudiants sur les services d’aide disponibles, même si ces derniers n’obtiennent pas de bons résultats.

Pour bénéficier de mesures d’adaptation et de soutien scolaires, il faut conclure des ententes à l’avance avec les établissements d’enseignement postsecondaire. Ces mesures consistent notamment à inscrire les étudiants concernés auprès du bureau des Services aux personnes handicapées*, à prendre rendez-vous avec des conseillers auprès des personnes handicapées et à s’inscrire au programme leur permettant de passer leurs examens écrits en bénéficiant de mesures d’adaptation particulières. Les soutiens disponibles sont souvent décentralisés, ce qui signifie que les étudiants doivent habituellement se rendre à de nombreux bureaux ou endroits différents pour obtenir l’aide dont ils ont besoin sur le campus.

Les défis des études postsecondaires

Les défis liés au maintien de nouvelles routines quotidiennes : La transition aux études postsecondaires comporte de multiples changements. Certains étudiants doivent vivre loin de chez eux ou déménager dans une nouvelle ville. Selon leur condition de vie, les étudiants doivent parfois assumer de nouvelles responsabilités comme celles de gérer leur argent, d’organiser leur transport, de préparer leurs repas et de s’acquitter de tâches ménagères telles que le ménage et le lavage. Lors de leur passage aux études postsecondaires, ils sont presque tous assujettis à d’importants changements de routine, notamment en ce qui concerne l’organisation des jours et des semaines de classe en fonction du calendrier scolaire et le choix du moment pour effectuer leurs travaux et d’autres tâches. Les établissements d’enseignement collégial et universitaire ont une structure moins rigide que les écoles secondaires, ce qui signifie que les étudiants doivent plus souvent planifier eux-mêmes leur emploi du temps et prendre des initiatives.

Les défis de nature scolaire : Parfois, ce qui est intéressant ou important pour les personnes ayant un TSA diffère de ce qui est intéressant ou important pour d’autres. Résultat, de nombreux étudiants autistes ont de la difficulté à interpréter les attentes relatives aux travaux scolaires. Ils peuvent donc avoir besoin de tuteurs pour les aider à comprendre les directives d’un professeur ou d’un formateur quant au choix des sujets à traiter, à déterminer le niveau de détails à inclure dans les différentes sections de leur travail et quelles informations sont les plus importantes.

Les défis liés au comportement et à la communication : Il existe de nombreuses « règles non écrites » en ce qui a trait à la conduite en classe. Les étudiants ayant un TSA ont parfois beaucoup de difficulté à savoir ce qu’est le comportement approprié. Voici quelques exemples de comportements inadéquats en classe : poser trop de questions, répondre aux questions purement rhétoriques (questions qui n’exigent pas de réponse), répondre en donnant trop de détails, avoir tendance à s’écarter du sujet et parler trop ou trop peu durant les séances de tutorat. Le travail en groupe peut aussi être tout un défi. Les étudiants ayant un TSA ont parfois beaucoup de mal à saisir des notions telles que le tour de parole, la division des tâches et l’intégration des éléments du travail. Les laboratoires sont des installations complexes qui obligent leurs utilisateurs à traiter des instructions relatives aux nouvelles tâches, à effectuer des transitions entre les postes de travail, à accomplir des tâches de motricité fine et à coordonner le travail avec d’autres étudiants – souvent à l’intérieur de délais serrés. Tout cela peut être très difficile pour les étudiants ayant un TSA en raison de leurs façons différentes d’établir des relations sociales, de communiquer, de ressentir les choses et de traiter l’information. Au niveau postsecondaire, les étudiants ayant un TSA ont souvent de la difficulté à écrire et à parler aux professeurs et formateurs, aux membres du personnel administratif et au personnel du bureau des Services aux personnes handicapées. Il leur est particulièrement difficile de déterminer s’ils ont besoin d’aide et d’expliquer la nature de cette aide.

Les défis liés aux relations sociales : Les étudiants ayant un TSA ont généralement des intérêts uniques et intenses qui diffèrent de ceux de leurs pairs. De plus, leur style de communication est souvent différent. À leur entrée dans un établissement d’études postsecondaires, bon nombre d’entre eux ont une moins grande expérience des relations amicales et romantiques et de la participation à des activités sociales. Ils peuvent donc avoir beaucoup de difficulté à interagir avec leurs confrères ou consœurs de classe dans la mesure où le milieu des études supérieures a habituellement des attentes élevées sur les plans de l’engagement social et de la sexualité.

Les défis d’ordre organisationnel et décisionnel : Bon nombre d’étudiants ayant un TSA ont de la difficulté à prendre des décisions concernant leur charge de cours, leur choix de programme, la poursuite ou l’abandon d’un cours lorsque leurs notes sont faibles, l’opportunité de demander de l’aide, la nature de l’aide dont ils ont besoin et le moment propice pour formuler cette demande. Cette difficulté est en lien avec celle d’imaginer les résultats possibles, avec les problèmes généraux de communication interpersonnelle, avec l’anxiété ressentie et avec la pression exercée sur eux pour qu’ils prennent des décisions en temps utile.

Stratégies pour réussir ses études postsecondaires

Participer à des programmes de transition, à des séances de mentorat et aux activités d’un groupe social : Les programmes de transition qui s’adressent à l’ensemble du corps étudiant ainsi que ceux destinés aux élèves handicapés sont des plus utiles. Ils fournissent des occasions de rencontrer d’autres élèves, des membres du personnel de soutien – et de se familiariser avec le rôle de chacun – d’apprendre à connaître l’établissement (c.-à-d. ses façons de procéder, les activités des différents bureaux et l’emplacement des choses). Ils permettent aussi d’en apprendre davantage sur les différences entre les études secondaires et les études postsecondaires, sur les résultats scolaires escomptés et sur les mesures d’adaptation qui pourraient être disponibles. Les programmes de transition aident également les élèves à prévoir les problèmes possibles et des façons de les résoudre, à découvrir des sources de soutien social, tels que des groupes d’entraide et des programmes de mentorat, et à évaluer de manière réaliste s’ils sont prêts à entreprendre des études postsecondaires.

Certains établissements d’enseignement postsecondaire ont des groupes sociaux destinés spécifiquement aux élèves ayant un TSA. Ces groupes permettent aux élèves qui ont des intérêts et des styles de communication semblables, et souvent des antécédents et des défis de même type, de se rencontrer. Ces similitudes sont la base des amitiés et peuvent favoriser le soutien informel, les échanges d’informations et l’élaboration de stratégies.

Les établissements d’enseignement postsecondaire offrent souvent des programmes de mentorat pour l’ensemble du corps étudiant. Certains collèges et universités ont aussi des programmes de mentorat à l’intention des élèves qui entreprennent leur première année d’étude et qui sont inscrits au bureau des Services aux personnes handicapées. Les objectifs de tels programmes sont de faciliter l’intégration des élèves dans la communauté collégiale ou universitaire, de les aider à se familiariser avec les services disponibles et à utiliser les services offerts par le bureau des Services aux personnes handicapées. Les mentors sont généralement des finissants, formés par le bureau des Services aux personnes handicapées, qui font preuve de leadership et de sensibilité aux difficultés des personnes ayant des besoins particuliers. Les programmes de mentorat efficaces comprennent habituellement des rencontres individuelles hebdomadaires ainsi que des événements de groupe supplémentaires tout au long de l’année.

S’inscrire au bureau des Services aux personnes handicapées afin de prévoir à l’avance des mesures d’accompagnement et maintenir un contact régulier avec celui-ci : Tous les collèges et universités de l’Ontario possèdent un bureau des Services aux personnes handicapées, doté de conseillers en services pour personnes handicapées, de stratèges en apprentissage et de technologues en appareils fonctionnels; ce bureau a la responsabilité d’offrir des mesures d’adaptation scolaire aux étudiants dont les handicaps sont certifiés. Le bureau des Services aux personnes handicapées négocie des mesures d’adaptation pour les tests et les examens, offre des services de prise de notes et, s’il y a lieu, dirige les étudiants vers les services de soutien scolaire (c.-à-d. les stratèges en apprentissage). Selon les besoins des étudiants et en fonction de la documentation fournie, le bureau des Services aux personnes handicapées peut communiquer avec les professeurs afin de solliciter un délai pour la remise de travaux, obtenir des précisions sur les règles ou les attentes relatives aux laboratoires, aux cours et aux séances de tutorat, et aider à résoudre les problèmes au fur et à mesure qu’ils se posent. En s’appuyant sur les documents reçus et sur les résultats de la rencontre entre l’étudiant et le conseiller en services pour personnes handicapées, le personnel du bureau a parfois la possibilité de présenter des demandes de financement pour des services de tutorat, de coaching et d’orientation ainsi que pour des ordinateurs et des logiciels adaptés.

Il est recommandé de présenter une demande de prêt au titre du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO), car l’admissibilité à la Bourse d’études pour personnes handicapées (BEPH) est subordonnée à l’admissibilité au RAFEO. Suivant l’établissement d’enseignement, d’autres possibilités de financement sont parfois disponibles pour fournir des services et des équipements de soutien aux étudiants aux prises avec des handicaps.

Dans la mesure du possible, il est préférable de prendre un premier rendez-vous avec le bureau des Services aux personnes handicapées au moins un ou deux mois avant le début de la session, de façon à pouvoir planifier à l’avance les services et les soutiens qui seront accordés. Il est également recommandé d’effectuer une recherche sur le site Web du bureau des Services aux personnes handicapées, de l’établissement d’enseignement, pour obtenir de l’information sur les soutiens et services offerts ainsi que sur les documents à présenter pour certifier l’existence d’un handicap.

Planifier un soutien pour la communication liée aux études et avec l’établissement d’enseignement : Parce qu’ils éprouvent des problèmes de communication et de coordination des points de vue, les étudiants ayant un TSA ont parfois intérêt à obtenir de l’aide pour communiquer avec l’établissement ou les bureaux financiers, le corps professoral, les bureaux du registraire et autres départements sur le campus. Cette aide peut consister à réviser les ébauches de courriels avant leur envoi, à parler à quelqu’un de l’information recherchée ou de la difficulté à faire des plans, ou à confirmer la formulation de courriels ou le contenu et la forme des appels téléphonique et des conversations en personne. Les parents, les autres étudiants ou étudiantes, le personnel du bureau des Services aux personnes handicapées, les centres de rédaction et les stratèges en apprentissage sont autant de sources possibles de soutien à cet égard. Compte tenu de la nature des exigences du programme d’études auxquelles font face les étudiants ayant un TSA, bon nombre d’entre eux peuvent avoir besoin d’aide pour les communications liées à leurs études. Voici quelques suggestions :

Planifier les travaux avec l’aide de tuteurs et de stratèges en apprentissage pour s’assurer que l’étudiant interprète correctement les attentes et dispose d’un bon plan de travail.

Apporter les ébauches de travaux aux stratèges en apprentissage, aux tuteurs et aux centres de rédaction.

Réviser les travaux corrigés avec des stratèges en apprentissage, des tuteurs, des professeurs ou leurs assistants dont les commentaires sont susceptibles de susciter des améliorations.

S’organiser pour avoir une charge de cours gérable : Certains étudiants ont la capacité de gérer une pleine charge de cours. Mais les personnes ayant un TSA prennent souvent plus de temps pour réaliser leurs travaux en raison de leurs difficultés scolaires et de leurs problèmes d’interprétation. En ayant une charge de cours raisonnable, ces personnes disposent d’une plus longue période pour s’adapter aux études postsecondaires, obtenir les soutiens dont elles ont besoin, participer à des activités sociales et satisfaire aux exigences de leur collège ou de leur université. Pour la plupart des programmes, elles sont autorisées à faire des études à temps partiel, surtout si des dispositions à cet effet ont été prises à l’avance.

*Chaque établissement d’enseignement postsecondaire a son propre nom pour les « Services aux personnes handicapées ». Parmi les autres noms possibles sont « Service d’accès » et « Services aux élèves ayant des besoins particuliers ».

Jason Manett, candidat au doctorat, est mentor et instructeur en dynamique de la vie au Redpath Centre et conseiller en services pour les personnes handicapées aux Services d’accessibilité, de l’Université de Toronto (Campus St. George). Il est également candidat au doctorat en développement humain et en psychologie appliquée à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, à l’Université de Toronto. Il a œuvré pendant 15 ans auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes ayant des difficultés d’apprentissage, des troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention et des troubles du spectre de l’autisme

Kevin P. Stoddart, Ph. D, est directeur du Redpath Centre (Toronto et London, Ontario) et professeur adjoint à la faculté de travail social Factor-Inwentash, de l’Université de Toronto. Il a travaillé dans les domaines des troubles du spectre de l’autisme, des troubles du développement et de la santé mentale des enfants et des adultes. Au cours des 20 dernières années, il a orienté sa pratique clinique vers les enfants, les jeunes et les adultes ayant reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger et ceux souffrant de troubles comorbides d’intégration sociale et de santé mentale.

Note : Dans ce document, l’utilisation du genre masculin vise seulement à faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire.