L’intimidation et la victimisation chez les jeunes qui présentent un trouble du spectre de l’autisme

La recherche en bref: Sommaire / Mobilisation

Quel est le sujet de cette étude?

Les jeunes qui ont un trouble du spectre de l’autisme (tsa) affichent des taux d’intimidation plus élevés que ceux qui n’ont aucun handicap. Pourtant, très peu de chercheurs ont étudié les expériences d’intimidation qu’ils vivent. Ils ont plutôt concentré leurs efforts sur la comparaison des taux de victimisation par l’intimidation chez les jeunes ayant un tsa et de ceux observés chez les jeunes au développement typique.La présente étude passe en revue différentes formes d’intimidation que subissent les enfants, les adolescents et les jeunes adultes qui ont un tsa. les auteurs s’interrogent également sur la relation qui existe entre la victimisation et les problèmes de santé mentale ainsi qu’aux facteurs individuels (p. ex., l’âge des enfants, leurs problèmes de communication) et aux facteurs contextuels (p. ex., la santé mentale des parents) qui augmentent le risque d’être victimes d’intimidation.

Qu’est-ce que les chercheurs ont fait?

Les chercheurs ont demandé à 192 parents dont les enfants (âgés de 5 à 21 ans) avaient reçu un diagnostic de tsa de répondre à un sondage en ligne portant sur les expériences d’intimidation et sur les problèmes de santé mentale. Tous les jeunes concernés fréquentaient l’école (de la 1ère à la 12e année) et la plupart étaient des citoyens canadiens.

Qu’est-ce que les chercheurs ont découvert?

La majorité des parents (77 %) ont déclaré que leur enfant avait été victime d’intimidation à l’école au cours du dernier mois. Pour bon nombre de jeunes, l’intimidation subie était pour ainsi dire chronique; 43 % vivaient des expériences d’intimidation au moins une fois par semaine et 50 % étaient victimes d’intimidation depuis plus d’un an. La victimisation chronique était liée aux problèmes de santé mentale, y compris la dépression, l’anxiété, l’hyperactivité et l’automutilation. La victimisation était généralement plus fréquente chez les enfants plus jeunes ainsi que chez les adolescents qui avaient moins d’amis à l’école, de plus graves problèmes de communication et des parents eux-mêmes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Ce que vous devez savoir

l’intimidation est une expérience que vivent très souvent les jeunes qui ont un tsa, plus fréquemment que les jeunes qui n’ont pas de tsa. L’âge de l’enfant (le fait d’être moins âgé), les problèmes de communication, la difficulté de se faire des amis à l’école et les problèmes de santé mentale des parents sont autant de facteurs qui augmentent le risque d’être la cible d’actes d’intimidation. Les jeunes ayant un tsa qui sont victimes d’intimidation chronique sont généralement plus enclins à présenter des problèmes de santé mentale que les autres jeunes ayant aussi reçu un diagnostic de tsa. Il est important de lutter contre la victimisation, avec le soutien d’adultes, à la maison, à l’école et dans la collectivité, et de mettre en place, à l’école, des programmes de prévention de l’intimidation et d’interventions dans les cas d’intimidation.

Comment pouvez-vous utiliser les conclusions de cette étude?

Cette étude a révélé que les taux d’intimidation étaient plus élevés chez les jeunes ayant un tsa que dans la population générale. Il est important de porter attention à la santé mentale des jeunes ayant un tsa qui sont victimes d’intimidation et d’intervenir auprès d’eux pour atténuer leurs problèmes de santé mentale. Il faut aussi s’employer à réduire le risque d’intimidation en aidant les jeunes à transmettre correctement des informations sur leurs expériences d’intimidation et en favorisant l’établissement et le maintien d’amitiés et de relations positives avec leurs pairs. Nous devons encourager les parents à travailler en collaboration avec les écoles qui sont la scène d’actes d’intimidation et encourager le personnel de l’école à créer des environnements où tout le monde se sent en sécurité. Des programmes scolaires de prévention de l’intimidation et d’interventions dans les cas d’intimidation peuvent être utilisés pour réduire la fréquence des actes d’intimidation et bâtir de saines relations dans les écoles.


Au sujet des chercheurs

M. Catherine Cappadocia est étudiante au doctorat en psychologie clinique du développement à l’université york. elle est également adjointe à la recherche pour prevnet, un réseau de chercheurs et d'organismes non gouvernementaux canadiens formé dans le but de réduire l'intimidation au canada et d’accroître les interventions en ce domaine.

Jonathan A. Weiss, Ph.D., est psychologue clinicien et professeur adjoint au département de psychologie de l’université york. étant titulaire de la chaire de recherches sur le traitement des troubles du spectre de l’autisme et sur les soins aux patients, ses activités de chercheur sont centrées sur la prévention et le traitement des problèmes de santé mentale chez les personnes qui présentent un tsa ou une déficience intellectuelle, et ce, à toutes les étapes de leur vie.

Debra Pepler est psychologue certifiée et professeure de recherche émérite au département de psychologie de l’université york. Elle s’intéresse aussi à l’agression, à l’intimidation et à la victimisation chez les enfants, cherchant à comprendre ces phénomènes et à trouver des façons de les contrer.

 

Citation

CAPPADOCIA, M. C., J. A. WEISS et D. PEPLER. « bullying experiences among children and youth with autism spectrum disorders » dans journal of autism and development disorders, 2012, vol. 42, no 2, p. 266-277.

Le présent sommaire de recherche a été rédigé par stephanie fung pour la chair in autism spectrum disorders treatment and care research (la chaire de recherche sur le traitement des troubles du spectre autistique et sur les soins aux patients). il est disponible, ainsi que d’autres sommaires (en anglais), à l’adresse web suivante : asdmentalhealth.ca/research-summaries.

Au sujet de la chaire de recherche

La chaire de recherche sur le traitement des troubles du spectre autistique et les soins aux patients est consacrée à l’étude de moyens d’améliorer la santé mentale et le bien-être des personnes qui ont un trouble du spectre de l’autisme (tsa) et de leurs familles respectives au canada.

Cette chaire de recherche a été fondée par les instituts de recherches en santé du canada en partenariat avec autism speaks canada, l’alliance canadienne des troubles du spectre autistique, santé canada, neurodevnet et la sinneave family foundation. un soutien financier supplémentaire est fourni par la spectrum of hope autism foundation et l’université york.

Pour de plus amples renseignements sur ce sujet, nous vous invitons à visiter le site web de la chair in autism spectrum disorders treatment and care research, à l’adresse suivante : http://asdmentalhealth.ca/

Nos partenaires :

Autism Speaks Canada; Instituts de recherche en santé du canada (IRSC); Alliance canadienne des troubles du spectre autistique (ACTSA); Neurodevnet

Gouvernement du Canada; Spectrum of Hope Autism Foundation; Université York