1. 14 Les professionnels et le TSA


1.1. Les ergothérapeutes

Quel est le rôle des ergothérapeutes? Comment aident-ils ou aident-elles les enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

L’ergothérapie est une profession du domaine de la santé qui vise à optimiser l’autonomie de l’individu dans le cadre de ses activités quotidiennes compte tenu de son milieu familial et social.

Plus précisément, le rôle de l’ergothérapeute auprès des enfants ayant un TSA consiste, entre autres, à évaluer les habiletés, les forces, les intérêts particuliers, ainsi que les difficultés liées aux activités de la vie quotidienne de l’enfant au sein de la collectivité, à la maison et à l’école.

L’ergothérapeute utilise des méthodes diversifiées d’évaluation telles que l’observation de l’enfant dans son milieu (scolaire, familial, préscolaire, parascolaire) et le recours au jeu et à des outils normalisés.

Ce processus d’évaluation, souvent entrepris au sein de l’équipe interdisciplinaire (p. ex. un orthophoniste, un thérapeute du comportement et un pédiatre), mène à un plan d’intervention favorisant une participation et un rendement satisfaisants de l’enfant relativement à des éléments importants tels que les soins personnels, les habiletés de jeux et les interactions sociales.

En partie, l’évaluation ergothérapique permet d’analyser le profil sensoriel de l’enfant et de déterminer les composantes sensorimotrices et cognitives favorables au développement de ses habiletés de jeu.

L’ergothérapeute adopte une pratique axée sur le client et discute des résultats de l’évaluation avec ce dernier (parent, aidant naturel, enfant selon l’âge et les capacités cognitives), afin de déterminer, de manière concertée, des objectifs personnels significatifs.

Quels sont les signes dénotant qu’un enfant pourrait avoir besoin des services spécialisés d’un ou d’une ergothérapeute?

 

  • Difficultés de planification motrice. La planification motrice ou la praxie se rapporte à la capacité de déterminer les actes nécessaires pour accomplir une tâche motrice et pour effectuer les mouvements à cette fin. Voici quelques indices de troubles de planification motrice :
    • gestes maladroits;
    • difficulté à exécuter de nouvelles activités qui nécessitent plusieurs étapes (p. ex., pédaler sur un tricycle, boutonner sa veste, etc.);
    • lenteur motrice;
    • degré de concentration important pour effectuer des tâches motrices;
    • restriction dans la généralisation des habiletés motrices acquises (p. ex. l’enfant n’éprouve aucune difficulté à se laver les mains de façon autonome à la maison, mais a besoin d’aide pour exécuter la même tâche en milieu scolaire).

 

 

  • Délai sur le plan moteur (motricité fine et globale);
  • Difficulté à s’acquitter de tâches liées aux soins personnels (p. ex. habillage, toilette, repas);
  • Habiletés de jeu restreintes;
  • Trouble d’autorégulation : se manifeste notamment par des comportements tels que le manque d’attention ou de concentration, la distraction soutenue, la transition difficile du jeu actif aux travaux assis, la difficulté à changer de routine, le niveau d’activité faible ou élevé;
  • Déficit du traitement de l’information sensorielle
    • Par exemple, un enfant hyperréactif aux sensations tactiles peut adopter les comportements suivants : détester et éviter les jeux salissants, être irrité par la texture de certains vêtements ou aliments, etc.
    • Un enfant hyporéactif aux sensations vestibulaires (mouvements) peut, entre autres, adopter les comportements suivants : 
  • rechercher des activités aux mouvements rapides, montrer de l’inconscience face aux dangers liés aux hauteurs, tourner sur lui-même, sauter, bondir ou courir de façon fréquente.

 

Est-ce qu’un enfant qui a un syndrome d’Asperger peut bénéficier des services ou de certaines interventions d’un ou d’une ergothérapeute?

Selon les recherches, 50 % à 90 % des enfants ayant un TSA présentent des différences dans la façon dont leur système nerveux traite l’information sensorielle de l’environnement et du corps. Plusieurs individus ayant reçu un diagnostic de TSA et d’Asperger ont témoigné au sujet de leurs expériences sensorielles.

L’ergothérapeute possède l’expertise nécessaire pour évaluer les troubles sensoriels et faciliter l’élaboration de stratégies de gestion de tels troubles.

Certains auteurs estiment que de nombreux enfants ayant le syndrome d’Asperger présentent des problèmes de fonctions exécutives (attention, organisation, planification, etc.). L’ergothérapeute peut aider l’enfant à se doter de stratégies compensatoires et de résolution de problèmes pour permettre un fonctionnement optimal dans son milieu scolaire et familial. Ces stratégies pourraient comprendre des appuis visuels afin de ne pas oublier d’apporter ses devoirs à la maison, ainsi que des adaptations de l’environnement, dans le but de favoriser l’organisation spatiale de sa table de travail.

Les enfants ayant un syndrome d’Asperger présentent des difficultés d’interaction sociale (difficulté à comprendre certaines situations et à interpréter les attentes d’autrui) qui peuvent créer de l’anxiété. L’ergothérapeute peut aider l’enfant à mieux gérer son anxiété à l’aide d’outils sensorimoteurs (des sensations qui apaisent le système nerveux), d’outils de relaxation et de stratégies cognitives (p. ex. enseigner à l’enfant des trucs de façon intellectuelle pour se calmer ou pour approcher un ami). L’ergothérapeute joue un rôle essentiel, puisqu’il permet à l’enfant et aux membres de la famille de se familiariser avec des stratégies de régulation et de gestion des émotions pouvant être intégrées à la routine quotidienne, compte tenu des intérêts de l’enfant.

L’ergothérapeute en milieu scolaire peut également suggérer des trucs pour faciliter les apprentissages de l’enfant et son intégration sociale.

De combien de séances avec un ou une ergothérapeute l’enfant ayant un TSA a-t-il besoin?

La durée d’un suivi en ergothérapie varie en fonction des objectifs fixés, de la complexité des besoins déterminés, ainsi que du type de service offert par l’organisme en question (services directs en milieu clinique, services privés, services de consultation, etc.). Certains organismes sans but lucratif offrent un nombre prédéterminé de séances de traitement tandis que d’autres offrent des services de consultation dans le cadre de programmes auxquels les enfants participent déjà (milieu de traitement de jour, services axés sur le comportement, milieu scolaire ou préscolaire). Le client a la possibilité de cesser de recevoir ces services en tout temps. L’ergothérapeute a l’obligation professionnelle de recommander l’arrêt des services d’ergothérapie lorsqu’il devient évident que l’enfant ne progresse plus vers l’atteinte de ses objectifs.

Est-ce que les ergothérapeutes peuvent remplir et signer des formulaires en vue d’obtenir de l’aide pour des enfants qui ont un handicap grave ou un crédit d’impôt pour personnes handicapées?

Oui, les ergothérapeutes peuvent remplir ces deux types de formulaires. Le formulaire de demande de services pour les enfants qui ont un handicap grave peut aussi être rempli par la famille elle-même ou par un professionnel de la santé qui prodigue des soins à un membre de cette famille. L’organisme Respiteservices.com offre des ateliers pour aider les familles à remplir les formulaires de demande d’aide financière.

Est-ce que l’ergothérapeute peut collaborer avec d’autres professionnels pour aider un enfant, par exemple avec un orthophoniste ou un thérapeute spécialisé en analyse comportementale appliquée (ACA)?

Il est essentiel de travailler au sein d’une équipe interdisciplinaire qui préconise une approche holistique, afin de cerner l’étendue de la complexité des besoins associés aux TSA. Une collaboration soutenue entre les professionnels de la santé, les aidants naturels et les membres de la famille de l’enfant ayant un TSA est indispensable pour assurer une approche axée sur le client.

Les objectifs des approches utilisées par l’orthophoniste et l’ergothérapeute se recoupent souvent au plan du développement des habiletés de jeu et de la communication sociale. En effet, l’ergothérapeute qui incite l’enfant à pratiquer une de ses activités sensorimotrices préférées (p. ex. trampoline) engendre un état d’éveil optimal, ce qui peut également faciliter le recours à des stratégies de communication sociale par l’orthophoniste.

L’ergothérapeute peut aussi suggérer des stratégies pour aider l’enfant à se concentrer et ainsi lui permettre d’accroître sa participation au programme d’intervention comportementale intensive (ICI).

Est-ce qu’un financement direct versé par le gouvernement pour un programme d’intervention comportementale intensive (ICI) peut être utilisé pour payer un ou une ergothérapeute qui travaille avec une équipe de professionnels?

Le financement direct versé par le gouvernement pour un programme d’intervention comportementale intensive (ICI) ne peut pas être utilisé pour payer un ou une ergothérapeute. Dans ce cas, la famille n’a pas d’autre option que celle de se tourner vers les services d’ergothérapie offerts dans le secteur privé.

Quelles sont les questions que je devrais poser à un ou une ergothérapeute lorsque je sollicite ses services pour mon enfant?

 

  • Quel est le rôle d’un ou d’une ergothérapeute?
  • Quelles sont les approches et outils utilisés pour évaluer les besoins de mon enfant?
  • Quel est le type de services offerts (consultation, direct), selon votre mandat? S’agit-il de services à court ou à long terme? Comment vous y prendrez-vous pour que mon enfant bénéficie au maximum des services?
  • Comptez-vous nous suggérer des stratégies pour que mon enfant transfère dans sa routine quotidienne à la maison les habiletés acquises en milieu clinique?
  • Pouvez-vous me décrire votre expérience de travail auprès d’individus ayant un TSA?
  • Pratiquez-vous au sein d’une équipe interdisciplinaire et si non, valorisez-vous une telle approche? Seriez-vous prêt à rencontrer les autres professionnels de la santé qui participent à la mise en œuvre du plan d’intervention auprès de mon enfant?

 

Est-ce que l’ergothérapeute peut poser un diagnostic de TSA? Peut-il ou peut-elle établir un diagnostic que d’autres professionnels ne sont pas en mesure de poser?

Le psychologue est formé pour utiliser une gamme d’outils reconnus pour établir un diagnostic. L’ergothérapeute n’est pas en mesure de poser un diagnostic de TSA. Par contre, certains centres hospitaliers fournissent des services d’évaluation diagnostique propre aux TSA et l’équipe interdisciplinaire chargée de ces services compte généralement un ou une ergothérapeute.

La contribution de l’ergothérapeute consiste à évaluer et à intervenir relativement au fonctionnement sensoriel et aux troubles de la planification motrice.

Est-ce que les ergothérapeutes devraient fournir des rapports écrits sur les résultats des évaluations réalisées ou des interventions entreprises?

L’Ordre des ergothérapeutes de l’Ontario fournit des lignes directrices sur la gestion des dossiers. Le dossier clinique doit notamment citer les méthodes d’évaluation utilisées, les résultats obtenus, les conclusions tirées, ainsi que les recommandations émises.

L’ergothérapeute discute des résultats et des interprétations de son évaluation avec son client (famille, aidants naturels). Selon notre expérience, la majorité des organismes fournissent un rapport écrit de l’évaluation. En pratique privée, des frais peuvent être exigés pour la rédaction d’un rapport formel.

Quels sont les types de thérapie ou d’intervention qu’un ou une ergothérapeute peut offrir à un enfant ayant un TSA? Existe-t-il des thérapies dont l’efficacité est plus reconnue que d’autres?

L’ergothérapie cherche à soutenir l’enfant dans son fonctionnement scolaire et social, à stimuler le développement des habiletés de jeu et le développement sensorimoteur, à intégrer les apprentissages perceptivo-cognitifs et à renforcer l’attention et la concentration.

L’intervention en ergothérapie auprès des enfants ayant un TSA peut prendre différentes formes.

Le rôle de l’ergothérapeute consiste principalement à sélectionner la meilleure combinaison d’approches qui permettront une réalisation optimale des objectifs.

C’est par l’entremise du jeu et des activités importantes de l’enfant que l’ergothérapeute favorise l’acquisition d’habiletés plus avancées et plus fonctionnelles.

L’importance d’incorporer des principes d’intégration sensorielle dans les méthodes d’intervention est indéniable. Temple Grandin, Stephen Shore et de nombreux autres adultes connus ayant un TSA ont décrit la façon dont ils vivaient leurs perceptions sensorielles.

En fait, dans le cadre de la publication du DSM V, le groupe de travail chargé de la révision des critères diagnostiques du TSA propose de tenir compte des troubles sensoriels tels que l’hyperréactivité et l’hyporéactivité.

Par l’entremise d’interventions en ergothérapie, des activités sensorielles peuvent être sélectionnées dans le but de préparer le système nerveux de l’enfant pour que ce dernier bénéficie au maximum des activités thérapeutiques qui suivront.

À la suite d’une évaluation du profil sensoriel de l’enfant, l’ergothérapeute peut recommander un régime sensoriel, c’est-à-dire une combinaison prescrite d’activités et d’adaptations de l’environnement qui répondent aux besoins sensoriels et comportementaux de l’enfant. Un régime sensoriel peut avoir pour objectif :

de créer un environnement dans lequel l’enfant peut réaliser son plein potentiel d’apprentissage et accroître sa participation scolaire;

 

  • de bloquer les réactions désagréables aux apports sensoriels;
  • de diminuer l’agitation et d’augmenter l’attention lors de travail assis;
  • d’aider l’enfant à comprendre ses propres besoins sensoriels;
  • d’améliorer le développement des compétences motrices.

 

L’ergothérapeute peut aussi utiliser une approche cognitive, c’est à dire enseigner des stratégies à l’enfant d’une façon intellectuelle (p. ex. donner des trucs pour se calmer, pour tracer ses lettres).

Les ergothérapeutes sont parfois consultés par différents partenaires (centre jeunesse, école, garderie, centre de traitement, assistant en ergothérapie) dans le cadre d’ateliers, de conférences ou de séances d’accompagnement.

Est-ce que l’ergothérapeute verra mon enfant à son bureau, à notre domicile ou dans la collectivité?

Compte tenu des difficultés bien connues des individus ayant un TSA à généraliser les acquis, l’environnement dans lequel l’activité a lieu demeure un facteur fondamental à considérer dans le cadre du processus d’évaluation et de recommandation.

L’ergothérapeute occupe un rôle primordial en ce qui a trait aux modifications et adaptations de l’environnement pour favoriser la participation de l’enfant dans ses activités quotidiennes. Par exemple, à l’égard d’un enfant qui éprouve des difficultés à se concentrer dans une salle de classe bruyante, l’ergothérapeute pourrait recommander de :

 

  • installer des balles de tennis sur les pattes de chaises pour diminuer le bruit;
  • fournir un casque d’écoute ou des protecteurs d’oreille pour atténuer les sons (pour les exercices d’incendie, les rassemblements).

 

Les séances d’intervention peuvent avoir lieu en classe, en garderie, en clinique ou à domicile en fonction des objectifs fixés par la famille, de la nature des services offerts et du mandat de l’organisme qui fournit les services. Par exemple, les services de consultation offerts par le conseil scolaire ont généralement pour but d’aider l’élève à réaliser son plein potentiel d’apprentissage en classe.

Est-ce que l’ergothérapeute enseignera aux parents et aux fournisseurs de soins certaines des interventions recommandées à la maison?

L’ergothérapeute peut renseigner et offrir un soutien au réseau social de l’enfant, afin de répondre aux besoins de ce dernier.

L’ergothérapeute qui émet des recommandations précises, telles que la mise en place d’un régime sensoriel, a l’obligation de renseigner les fournisseurs de soin qui mettront en œuvre les stratégies avec l’enfant, ainsi que de fournir un suivi pour s’assurer de l’efficacité des recommandations.

Y a-t-il d’autres aspects dont je devrais être au courant lorsque je travaille avec un ou une ergothérapeute ou que je retiens ses services?

L’ergothérapeute offrant des services en pédiatrie possède des connaissances approfondies sur le développement des habiletés de jeu chez l’enfant. Le jeu constitue l’activité principale de l’enfant. De ce fait, l’ergothérapeute utilise le jeu comme outil de base afin d’atteindre divers objectifs thérapeutiques (améliorer la relation parent-enfant, apports sensoriels variés pour favoriser la concentration de l’enfant pendant les travaux assis), dans le cadre de ses interventions.

L’analyse de la tâche est une composante importante lors de l’évaluation et l’intervention. Cette approche permet à l’ergothérapeute d’intervenir sur les habiletés sous-jacentes, à la source du problème. L’ergothérapeute modifie la tâche en fonction de niveaux de difficultés variés, ce qui permet à l’enfant de réaliser la tâche demandée. Par exemple, à l’égard d’un enfant qui apprend à se brosser les dents, l’ergothérapeute pourrait recommander les adaptations suivantes :

 

  • recours à des appuis visuels illustrant la tâche étape par étape;
  • fournir une brosse à dent à manche large à l’enfant qui éprouve des difficultés de motricité fine;
  • fournir une brosse à dent qui vibre à l’enfant qui requiert un apport sensoriel plus intense.

 

À combien s’élèvent habituellement les honoraires d’un ou d’une ergothérapeute? Est-ce que les familles ont accès à du financement pour payer les services d’un ou d’une ergothérapeute?

Les frais associés aux services privés d’ergothérapie peuvent varier entre 90 $ à 120 $ de l’heure. Vous pouvez consulter le répertoire des ergothérapeutes en pratique privée sur les sites suivants : www.caot.ca et www.coto.org

Peu d’assureurs ou d’employeurs défraient les coûts associés aux services d’ergothérapie.

Existe-t-il des organisations ou des associations dont les ergothérapeutes devraient ou pourraient souhaiter être membres?

Chaque province et territoire du Canada possède ses propres règles sur l’exercice de la profession. En Ontario, les ergothérapeutes doivent s’inscrire à l’Ordre des ergothérapeutes de l’Ontario.

« L’Ordre protège le public de diverses façons. Entre autres, il produit des documents qui guident les membres de la profession. Ces documents sont parfois très précis, comme dans le cas des lignes directrices de pratique, et ils sont parfois plus généraux et expliquent comment les ergothérapeutes compétents, responsables et motivés devraient exercer leur profession. » (source : www.coto.org)

De plus, les ergothérapeutes de plusieurs provinces et territoires sont tenus de réussir l’examen national d’attestation administré par l’Association canadienne des ergothérapeutes (ACE). « Par ailleurs, l’ACE assure un leadership national afin de développer et de promouvoir activement l’ergothérapie centrée sur le client au Canada et sur la scène internationale. » (source : www.caot.ca)

Quelles sont les études qu’une personne doit compléter pour avoir le droit de porter le titre d’ergothérapeute?

Depuis 2008, l’Association canadienne des ergothérapeutes accorde l’agrément aux personnes ayant suivi un programme de formation en ergothérapie menant à l’obtention d’une maîtrise professionnelle en ergothérapie (condition préalable à l’exercice de la profession). Pour obtenir plus de détails, veuillez consulter www.caot.org.

---

Interviewée : Chantal de Ruette, B. Sc. en ergothérapie, ergothérapeute autorisée (Ontario)

Chantal de Ruette, B. Sc. en ergothérapie, ergothérapeute autorisée (Ontario), pratique l’ergothérapie depuis 1999. Dès le début de sa carrière, elle développe une expertise particulière en pédiatrie axée à la fois sur les activités d’intervention en réadaptation et les consultations en milieu scolaire et clinique. Depuis son arrivée à Toronto en 2003, Chantal a eu l’occasion de travailler étroitement avec plusieurs équipes multidisciplinaires formées de professionnels profondément dévoués à la cause des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Elle travaille actuellement en tant qu’ergothérapeute au Centre Genève pour l’Autisme, au sein d’une équipe dynamique et attentionnée. Chantal offre des activités de formation aux intervenants qui oeuvrent auprès des enfants et des adultes ayant un TSA. Elle propose également divers ateliers sur le développement sensorimoteur et sur l’autorégulation. Chantal a suivi une formation sur l’administration du test sur l’intégration sensorielle et la praxie (Sensory Integration and Praxis Test), un outil d’évaluation de la dyspraxie. Dans ce cadre, elle s’est familiarisée en profondeur avec de nombreuses techniques pour traiter les troubles sensoriels et moteurs liés au développement de l’enfant. Son dévouement professionnel se traduit par des démarches d’étude et de formation continue, ainsi que par une implication active auprès des services communautaires en matière de santé.

1.2. Dentistes pédiatriques

Quel est le rôle d’un dentiste pédiatrique?

Les dentistes pédiatriques ont suivi une formation spéciale dans le domaine des soins dentaires pour enfants. Cette formation comporte un volet complet axé sur le traitement des enfants qui présentent des besoins particuliers. À titre de prestataires de soins primaires, les dentistes pédiatriques sont appelés à revoir bon nombre de leurs patients et à prendre soin de leur santé bucco-dentaire sur une base permanente. Cela consiste à voir les patients à intervalles fixes pour l’examen et le nettoyage de leurs dents. Ils peuvent également traiter de jeunes patients qui leur sont référés par des dentistes généralistes. Dans de telles situations, il se peut qu’ils ne prodiguent des soins qu’une seule fois à un enfant; il s’agit alors de soins spécifiques qui dépassent l’habileté du dentiste généraliste ou son degré de confort.

Pour certains enfants et certains jeunes qui ont un trouble du spectre de l’autisme (TSA), une visite chez le dentiste peut être une expérience très angoissante. Les dentistes pédiatriques sont conscients de cette réalité et sont outillés pour répondre aux besoins particuliers de leurs jeunes patients.

L’anesthésie est une option. De nombreux dentistes pédiatriques offrent des services de sédation consciente dans le cadre de leur pratique. Certains optent pour une sédation légère alors que d’autres proposent une sédation plus profonde administrée par des anesthésistes spécialisés en soins dentaires ou médicaux. Certains dentistes pédiatriques ont accès à des salles d’opération en milieu hospitalier et ont la possibilité d’y traiter leurs patients. Et pour terminer, un certain nombre de services de sédation sont offerts par des anesthésistes dentaires qui ne sont pas spécialisés en dentisterie pédiatrique, mais ont reçu une formation de haut niveau dans le domaine de l’anesthésie dentaire.

Comment un dentiste pédiatrique peut-il aider un enfant qui a un TSA?

Les dentistes qui traitent un plus grand nombre d’enfants ayant un TSA connaissent parfois mieux les besoins particuliers de cette clientèle. Ces connaissances leur sont utiles pour offrir un traitement efficace, adapté aux besoins des patients assis dans la « chaise du dentiste ». De plus, les dentistes pédiatriques proposent habituellement, dans leurs cabinets, des activités divertissantes, susceptibles d’intéresser les jeunes patients ayant un TSA qui sont en attente ou en cours de traitement. Les jouets, les jeux vidéo et d’autres objets à triturer peuvent contribuer à rendre leur visite chez le dentiste plus agréable.

Les enfants qui ont un TSA éprouvent souvent des difficultés sensorielles. Comment un dentiste peut-il atténuer ces difficultés dans le cadre de sa pratique?

Il s’agit là du plus gros défi auquel sont confrontés les dentistes qui traitent des enfants et des jeunes qui ont un TSA. La bouche est une partie du corps très sensible pour tout le monde. Ajouter à cela une sensibilité sensorielle et vous obtenez un énorme problème.

À la suite d’une lente et constante « désensibilisation systématique », il est possible qu’un enfant ou un adulte ayant un TSA apprenne à accepter les stimuli indissociables des visites chez le dentiste pour des examens réguliers.

Une introduction progressive. Une façon de réduire l’impact des multiples éléments de nouveauté – sur les plans de la vision, de l’audition, de l’odorat, du goût et des sensations – consiste à présenter ceux-ci très progressivement au patient. Les premières visites peuvent être structurées de telle sorte que la personne ayant un TSA puisse simplement se promener dans le cabinet et se familiariser avec l’environnement, voir la pièce et toucher la « chaise du dentiste ». Lors des visites suivantes, cette personne peut s’asseoir plus longtemps dans le fauteuil dentaire et tourner la lampe placée au-dessus de sa tête. Au cours de visites subséquentes, le dentiste ou l’hygiéniste dentaire peut utiliser une brosse à dent et un miroir dentaire pour regarder à l’intérieur de la bouche. Ces visites pourraient être plus fréquentes qu’aux intervalles habituels de six à neuf mois, voire même mensuelles, pour aider à fixer le souvenir des nouvelles situations.

À la suite d’une lente et constante « désensibilisation systématique », il est possible qu’un enfant ou un adulte ayant un TSA apprenne à accepter les stimuli indissociables des visites chez le dentiste pour des examens réguliers. Si le traitement nécessite de trop nombreux stimuli, un anesthésiste peut administrer une sédation afin d’atténuer les effets sensoriels des soins dentaires prodigués à un jeune patient, enfant ou adolescent, qui présente un TSA.

« Certains patients ayant un TSA ont besoin d’un anesthésiste. »

Malheureusement, certaines personnes ayant un TSA, enfants ou adultes, sont incapables de tolérer les soins dentaires invasifs. C’est ici que l’anesthésie devient nécessaire. Il existe différents niveaux d’anesthésie, allant de la sédation légère à l’anesthésie générale.

Dans certains cas, les formes plus légères de sédation n’aident pas vraiment les patients qui ont un TSA. Avec ce type de sédation, le patient reste éveillé et est en mesure de réagir à ce qu’il ressent. Parce que la sédation légère provoque parfois une certaine désorientation, le patient peut avoir de la difficulté à comprendre ce qui lui arrive et, par conséquent, devenir plus agité. Dans bien des cas, l’anesthésie générale est la meilleure méthode pour prodiguer les meilleurs soins dentaires possibles au patient, sans lui imposer un stress indu. Certains dentistes exerçant en Ontario ont reçu une formation spéciale qui les autorise à offrir des services d’anesthésie générale dans leurs cabinets.

Comment une famille peut-elle trouver un anesthésiste dentaire?

Les familles peuvent effectuer une recherche en ligne pour trouver ces dentistes ou demander à leur dentiste de famille de les orienter vers des cliniques qui offrent des services d’anesthésie.

Elles ont aussi la possibilité de s’adresser au Collège royal des chirurgiens dentistes de l’Ontario pour obtenir les noms et coordonnées des dentistes qui sont autorisés à offrir des services d’anesthésie générale dans la province. Certains dentistes pédiatriques ont accès aux salles d’opération d’un hôpital; il s’agit là d’une autre façon d’offrir l’anesthésie générale pour des soins dentaires.

Dans les grandes villes de l’Ontario, il y a de fortes chances qu’il y ait à la fois des dentistes pédiatriques et des anesthésistes qui acceptent d’assister des dentistes. Malheureusement, les spécialistes sont moins nombreux dans les plus petites villes et les temps d’attente pour obtenir des traitements sont parfois plus longs. Bon nombre de familles dont certains membres ont des besoins particuliers finissent par se résigner à se rendre dans les régions plus peuplées pour obtenir des services spécialisés. Si vous habitez dans une petite ville et que votre dentiste n’est pas en mesure de vous fournir les soins nécessaires, demandez-lui de vous aider à trouver le dentiste pédiatrique ou l’anesthésiste le plus proche.

« Dans bien des cas, l’anesthésie générale est la meilleure méthode pour prodiguer les meilleurs soins dentaires possibles au patient, sans lui imposer un stress indu. »

Comment un cabinet dentaire peut-il adapter ses services aux besoins des familles d’enfants ayant reçu un diagnostic de TSA?

Dans un premier temps, il est primordial que le personnel du cabinet fasse preuve de sollicitude et de compassion à l’endroit de l’enfant touché par un TSA et de sa famille. Il est important de comprendre les approches qui répondent le mieux aux besoins particuliers de chaque patient. Avec de la patience, de nombreux patients ayant un TSA parviennent à supporter les soins dentaires.

Le dentiste généraliste qui traite des patients touchés par un TSA doit se montrer patient et compréhensif. Lorsque le dentiste généraliste et la famille du patient le jugent nécessaire, il est important de savoir comment et quand avoir recours aux services de dentistes pédiatriques ou d’anesthésistes spécialisés en soins dentaires.

Est-ce qu’un dentiste recommande des solutions ou pratiques pour améliorer l’hygiène buccale à la maison?

Les cabinets dentaires possèdent des programmes d’hygiène buccale qu’ils recommandent à leurs clients, en tenant compte des besoins et des habiletés de ces derniers. Le dentiste et l’hygiéniste dentaire doivent tous les deux suggérer différents moyens pour aider les personnes ayant un TSA à maintenir une bonne hygiène buccale. Les brosses à dent mécaniques, la soie dentaire et les appareils de nettoyage interdentaire, pour ne nommer que ceux-là, peuvent être recommandés à cet effet. Il y a lieu également de conseiller les familles au sujet des aliments et des boissons qui augmentent le risque de caries ainsi que des méthodes pour réduire ce risque (par exemple, manger du fromage et boire beaucoup d’eau).

Y a-t-il autre chose que je dois savoir lorsque je cherche un dentiste qui connaît bien les méthodes à utiliser pour aider les enfants touchés par un TSA et d’autres difficultés?

Comme elles le font avant de solliciter tout service professionnel, les familles doivent s’assurer qu’elles se sentent à l’aise avec le dentiste et avec les membres du personnel de son cabinet. Tous doivent se montrer accueillants et prêts à répondre aux questions posées ou aux inquiétudes exprimées. Si vous ne vous sentez pas suffisamment à l’aise, essayez tout simplement de trouver un autre cabinet dentaire. Il va de soi que les plus petites collectivités ontariennes ont moins de choix.

Veuillez décrire la formation et l’expérience des personnes qui vont intervenir auprès de mon enfant.

Un dentiste généraliste possède une formation de quatre ans suivie dans une faculté de médecine dentaire. La formation des dentistes pédiatriques et des anesthésistes spécialisés en soins dentaires comprend un programme supplémentaire de deux ou trois ans après les études en médecine dentaire. Les familles peuvent s’adresser au Collège royal des chirurgiens dentistes de l’Ontario pour obtenir les noms et coordonnées des dentistes qui sont autorisés à offrir des services d’anesthésie générale dans la province. Bon nombre des anesthésistes spécialisés en soins dentaires ont l’habitude d’offrir des services de soutien aux enfants qui présentent des symptômes de TSA.

Les hygiénistes dentaires et les aides-dentistes suivent un programme d’une année dans leurs disciplines respectives. Pour que leur permis de pratique demeure valide, les dentistes, les hygiénistes dentaires et les aides-dentistes doivent s’inscrire à différents programmes de formation continue. Ces programmes sont nombreux et couvrent tous les aspects des soins dentaires; les participants apprennent entre autres à fournir des services aux personnes qui ont des besoins particuliers et se familiarisent avec les problématiques connexes à différents syndromes. Pour ce qui est de traiter des enfants ou des adultes ayant un TSA, il est possible que certains dentistes n’aient jamais vu de patients de ce groupe, tandis que d’autres possèdent davantage d’expérience en ce domaine.

Il est important de demander à votre dentiste s’il se sent à l’aise pour traiter des patients ayant un TSA et s’il l’a déjà fait dans le passé.

---

Interviewée : David A. Isen, B.Sc., D.M.D.

Davis Isen, du cabinet dentaire Sleep for Dentistry, de Toronto, aime aider les patients de tous âges à surmonter l’anxiété qu’ils éprouvent lorsqu’ils ont besoin de soins dentaires. Il pratique à Toronto depuis qu’il a obtenu son diplôme en médecine dentaire, en 1991, et demeure un membre actif de sa collectivité. David est né à Toronto, en Ontario. Jeune adulte, il a étudié en neurosciences à l’Université de Toronto, puis s’est inscrit à la faculté de médecine dentaire de l’Université de Western Ontario. Après sa formation générale en art dentaire, David a poursuivi des études supérieures en anesthésie intraveineuse au Montefiore Medical Centre, à New York. Il a été invité aux émissions de télévision Marketplace et The Right Fit, plus précisément pour les épisodes traitant de la phobie des dentistes et de l’anxiété générée par les soins dentaires. Il est également président de l’Ontario Dental Society of Anaesthesiology.

1.3. Physiothérapeutes

Quel est le rôle d’un physiothérapeute? Quels sont les services qu’il fournit?

Le physiothérapeute est membre d’une équipe interdisciplinaire. Le physiothérapeute pédiatrique est un expert du développement de la motricité globale. À titre de membre d’une équipe, le physiothérapeute veille à ce que votre enfant franchisse progressivement les étapes de son développement moteur global et acquière des habiletés physiques comparables à celles de ses pairs. Un physiothérapeute peut aider votre enfant à réaliser certaines activités, dont les suivantes :

  • S’asseoir
  • Ramper
  • Marcher
  • Sauter
  • Sauter à cloche-pied (sur un pied)
  • Lancer
  • Cibler une chose
  • Dribbler un ballon
  • Attraper
  • Rouler en vélo

Le physiothérapeute peut aider votre enfant à accroître sa force physique et son endurance de façon à ce qu’il se maintienne au même niveau que ses pairs au terrain de jeu ou ailleurs dans la collectivité.

« Les enfants touchés par un TSA franchissent souvent les premières étapes du développement moteur global (s’asseoir et marcher) dans les délais habituels, mais ont tendance à afficher un retard par rapport à leurs pairs au fur et à mesure que les habiletés motrices deviennent plus fines et plus complexes. »

Le physiothérapeute peut aider un enfant à se rétablir à la suite d’une blessure comme la fracture d’une cheville ou d’un bras.

Le physiothérapeute offre les services suivants :

  • Évaluation des habiletés de votre enfant afin de déterminer son niveau de développement moteur global.
  • Thérapie individuelle.
  • Thérapie de groupe
  • Consultation avec d’autres professionnels qui offrent un service à votre enfant.

Comment le physiothérapeute vient-il en aide aux enfants touchés par un trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

Le développement moteur. Le physiothérapeute peut aider les enfants touchés par un TSA à acquérir des habiletés motrices globales et à franchir les différentes étapes du développement moteur. Les habiletés motrices globales sont celles qui sont acquises pendant la première et la petite enfance. À l’âge de deux ans, les enfants sont généralement capables de se tenir debout, de marcher et de courir. Ces habiletés s’améliorent continuellement au fur et à mesure que l’enfant se développe, même jusqu’à l’âge adulte. Au fil du développement, les habiletés motrices se peaufinent par la pratique et la maturité.

Les enfants touchés par un TSA franchissent souvent les premières étapes du développement moteur global (s’asseoir et marcher) dans les délais habituels, mais ont tendance à afficher un retard par rapport à leurs pairs au fur et à mesure que les habiletés motrices deviennent plus fines et plus complexes. Les enfants touchés par un TSA ont plus de difficulté à manipuler une balle (la faire rouler, l’attraper, la lancer, viser une cible et dribbler avec un ballon), conduire un vélo et sauter à cloche-pied. Il faut donc leur montrer comment atteindre ces objectifs et acquérir ces habiletés, et leur fournir des occasions de s’entraîner. La maîtrise de telles habiletés est importante en regard de leur participation générale aux activités communautaires, de la pratique des sports et des cours d’éducation physique, et la capacité d’un enfant d’interagir avec ses pairs influence son développement global.

Endurance, force physique, équilibre et coordination. Le physiothérapeute peut aider un enfant à accroître son endurance, sa force physique générale et la coordination de ses mouvements durant des activités complexes. Les enfants touchés par un TSA ont parfois peu d’endurance et/ou de force physique; ils se fatiguent donc rapidement lorsqu’ils pratiquent une activité physique et ont de la difficulté à soutenir la cadence des activités de leurs pairs. Le physiothérapeute peut aider un enfant à s’améliorer dans ces domaines en utilisant des techniques, des stratégies et des pratiques différentes à chaque séance.

« Le physiothérapeute pédiatrique a généralement l’habitude de travailler avec des enfants qui ne parlent pas ou sont tout juste en train d’apprendre à utiliser quelques mots. Il peut aussi employer des outils de communication pour faciliter le déroulement des séances. »

Quelle est la différence entre un ergothérapeute et un physiothérapeute?

L’ergothérapeute se spécialise dans le développement de la motricité fine. Les habiletés de motricité fine correspondent à la manière dont un enfant utilise ses bras et ses mains. L’ergothérapeute est formé pour travailler avec les membres supérieurs et aider l’enfant à accroître la force et la coordination des muscles de ses bras et de ses mains.

Scénario 1. Lorsqu’un enfant a de la difficulté à rester assis à son pupitre pendant de longues périodes, quel professionnel est le plus en mesure de l’aider à s’améliorer? L’ergothérapeute peut recourir à des stratégies axées sur l’attention et la régulation sensorielle afin d’aider l’enfant à demeurer en position assise pendant plus longtemps. De son côté, le physiothérapeute peut aider l’enfant à s’asseoir à une table en tentant d’améliorer son équilibre, sa coordination et sa force de base. En fonction des besoins particuliers de l’enfant et des motifs à l’origine de ses difficultés, une évaluation déterminera s’il est préférable de faire appel aux services d’un ergothérapeute ou d’un physiothérapeute pour atteindre les objectifs définis. Dans bien des cas, les ergothérapeutes et les physiothérapeutes travaillent ensemble afin de fournir aux enfants les meilleurs soins possibles – c’est un effort de collaboration.

Bref, le physiothérapeute centre habituellement son attention sur les habiletés physiques – endurance, force, équilibre et coordination. L’ergothérapeute soutient la régulation et le développement de la motricité fine des mains et des bras.

Scénario 2. Lorsqu’un enfant a besoin d’aide pour attacher ses boutons, monter ou descendre une fermeture éclair, tenir un crayon et organiser ses choses, qui pourrait l’aider? L’ergothérapeute est probablement mieux outillé pour répondre aux besoins d’un enfant aux prises avec ces types de difficultés, car sa formation est axée sur le développement de la motricité fine des bras et des mains.

Scénario 3. Lorsqu’un enfant manque d’esprit sportif – savoir gagner et perdre, collaborer avec ses coéquipiers et apprendre de ses erreurs – de quelle façon le physiothérapeute peut-il lui venir en aide? Le physiothérapeute peut amener un enfant à acquérir des habiletés qui favoriseront chez lui l’adoption d’un comportement positif semblable à l’esprit sportif. Le physiothérapeute peut aussi intégrer dans ses interventions des activités qui favorisent le développement des habiletés de l’enfant, des interactions avec ses pairs, et lui enseigner comment entrer en relation avec ses pairs de manière acceptable. Si la clinique, le type d’établissement et le genre de traitement offert s’y prêtent, le physiothérapeute pédiatrique peut offrir des séances de groupe qui favorisent les interactions entre pairs et, en particulier, un comportement de groupe. Toutefois, la structure de la séance dépendra des besoins de l’enfant et de ses progrès.

Scénario 4. Lorsqu’un enfant a de la difficulté à marcher pour se rendre à l’école ou à arriver à l’école à l’heure, qui peut l’aider? Le physiothérapeute peut aider l’enfant à développer sa rapidité et son endurance de façon à ce qu’il parvienne à respecter l’horaire de l’école et ne se fatigue pas trop vite.

Quels sont les signes extérieurs indiquant qu’un enfant a peut-être besoin de l’expertise d’un physiothérapeute?

L’enfant qui ne réussit pas à franchir certaines étapes de son développement moteur pourrait fort bien avoir besoin de consulter un physiothérapeute. Ce dernier peut procéder à une évaluation immédiate de votre enfant et vous dire si ses habiletés motrices se développent normalement.

Un enfant peut avoir besoin d’aide s’il a de la difficulté à :

  • Attraper et lancer une balle.
  • Atteindre une cible.
  • Sauter à cloche-pied.
  • Jouer avec ses pairs.
  • Participer à des programmes communautaires.
  • Acquérir de nouvelles habiletés physiques.
  • S’asseoir correctement sur une chaise.
  • Adopter une bonne posture.
  • Monter un escalier sans tenir la rampe.
  • Monter un escalier en passant d’un pied à l’autre.

Décrire le déroulement d’une séance de physiothérapie pour un enfant touché par un TSA.

Tout d’abord, la séance de physiothérapie doit être adaptée aux besoins particuliers de l’enfant touché par un TSA. Le physiothérapeute y intégrera des stratégies sensorielles et comportementales, selon les besoins de l’enfant. Par exemple, un horaire visuel peut être utilisé durant les séances de thérapie s’il est constaté que l’enfant en retire des avantages. Le physiothérapeute pédiatrique a généralement l’habitude de travailler avec des enfants qui ne parlent pas ou sont tout juste en train d’apprendre à utiliser quelques mots. Il peut aussi employer des outils de communication pour faciliter le déroulement des séances.

« Le physiothérapeute peut aussi intégrer dans ses interventions des activités qui favorisent le développement des habiletés de l’enfant, des interactions avec ses pairs, et lui enseigner comment entrer en relation avec ses pairs de manière acceptable. »

Est-ce que les physiothérapeutes peuvent poser des diagnostics?

Les physiothérapeutes peuvent émettre un diagnostic à la condition que celui-ci soit lié à une maladie ou à un trouble physique qui relève de leur pratique; par exemple, une cheville disloquée ou un retard de développement de la motricité globale. Ils ne peuvent pas cependant établir un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Est-ce que les physiothérapeutes peuvent signer des formulaires comme celui du programme Aide à l’égard d’enfants qui ont un handicap grave ou du Crédit d’impôt pour personnes handicapées?

Oui, les physiothérapeutes sont généralement autorisés à remplir des sections de ces formulaires. Ils peuvent aussi remplir la section concernant la capacité de marcher, du formulaire Crédit d’impôt pour personnes handicapées.

Est-ce que le physiothérapeute peut faire partie d’une équipe interprofessionnelle qui vient en aide aux enfants touchés par un TSA; par exemple, des ergothérapeutes, des orthophonistes ou des intervenants spécialisés dans l’analyse comportementale appliquée?

Oui! Les physiothérapeutes jouent un rôle important au sein de ce genre d’équipe, car leurs interventions touchent les habiletés motrices globales d’un enfant, son sens de l’équilibre, sa force musculaire et son endurance générale. Ils sont les seuls professionnels de leur équipe à se spécialiser dans le développement moteur global. Les physiothérapeutes peuvent aussi jouer un rôle consultatif auprès de la personne qui offre à votre enfant des services d’analyse comportementale appliquée (ACA) afin de l’aider à intégrer le développement des habiletés motrices globales dans ses interventions; ils peuvent par exemple lui fournir des précisions sur les différentes habiletés que l’enfant doit acquérir pour réussir à faire du vélo, et offrir un soutien au thérapeute instructeur responsable de l’atteinte des objectifs établis.

Est-ce que l’option du financement direct pour un programme d’intervention comportementale intensive (ICI) peut être utilisée pour payer un physiothérapeute?

Non. Cependant, de nombreux régimes d’assurance-maladie privés couvrent l’évaluation et les traitements de physiothérapie. Dans certains cas, des organismes de bienfaisance acceptent de financer ces services.

Faut-il s’attendre à ce que les enfants touchés par un TSA aient besoin d’un certain nombre de séances de physiothérapie?

Le nombre de séances de physiothérapie dépend des objectifs de la famille et des habiletés actuelles de l’enfant. Il faut généralement compter une ou deux séances par semaine pendant trois mois pour qu’un enfant réussisse à acquérir un ensemble précis d’habiletés motrices globales.

À quel endroit ont habituellement lieu les séances de physiothérapie de mon enfant?

Les physiothérapeutes qui pratiquent dans un centre ou une clinique pédiatrique ont plus facilement accès à de l’équipement pédiatrique conçu tout spécialement pour répondre aux besoins des enfants. Les séances de physiothérapie peuvent aussi être offertes au domicile de l’enfant, au terrain de jeu, à l’école ou ailleurs dans la collectivité, selon les besoins de la famille et les objectifs du client.

Est-ce que le physiothérapeute va enseigner aux parents des traitements de réadaptation recommandés qu’ils pourront ensuite mettre en pratique à la maison?

Absolument! Le physiothérapeute peut soutenir le travail des parents ou des autres fournisseurs de soins et leur montrer l’équipement requis et/ou les techniques utilisées durant les séances de physiothérapie pour faciliter les apprentissages de l’enfant.

Les séances de physiothérapie visent essentiellement à promouvoir l’autonomie de l’enfant. Les activités conjointes du physiothérapeute et de l’enfant se déroulent initialement en clinique, mais les habiletés acquises sont transférables à d’autres environnements tels que la maison, l’école ou le terrain de jeu.

« Il est également très important de choisir un physiothérapeute qui a déjà travaillé avec des enfants touchés par un TSA et qui a fait partie d’une équipe de soins, car il sera plus au fait des interventions des différents professionnels auprès de votre enfant. »

Y a-t-il autre chose que je dois savoir si je décide de travailler avec un physiothérapeute ou d’embaucher un physiothérapeute?

Les physiothérapeutes peuvent avoir des connaissances et des expériences très diversifiées. Lorsque vous cherchez un physiothérapeute pour travailler avec votre enfant, vous devez vous assurer qu’il possède les compétences requises et une expérience des interventions auprès des enfants. Le travail avec des enfants est très différent du travail avec des adultes. Il est également important de vous assurer qu’il a accès à l’équipement nécessaire et qu’il est en mesure de fournir le meilleur traitement possible à votre enfant. Il est également très important de choisir un physiothérapeute qui a déjà travaillé avec des enfants touchés par un TSA et qui a fait partie d’une équipe de soins, car il sera plus au fait des interventions des différents professionnels auprès de votre enfant.

« Lorsque vous cherchez un physiothérapeute pour travailler avec votre enfant, vous devez vous assurer qu’il possède les compétences requises et une expérience des interventions auprès des enfants. Le travail avec des enfants est très différent du travail avec des adultes. »

De quelles organisations ou associations le physiothérapeute doit-il être membre, ou quelles sont celles qui réglementent ses activités?

Un physiothérapeute agréé doit être membre en règle du Collège des physiothérapeutes de l’Ontario. Il doit aussi être membre d’une association professionnelle, à savoir, l’Association canadienne des physiothérapeutes (ACP). Il peut aussi être membre de la division pédiatrique de l’ACP, un groupe de physiothérapeutes qui travaillent avec les enfants partout au Canada.

Veuillez décrire la formation et l’expérience des physiothérapeutes qui pourraient travailler avec mon enfant.

Bon nombre de cliniques et centres de services disposent d’une équipe multidisciplinaire, ce qui leur permet d’offrir les meilleurs traitements possibles à leur clientèle. Certaines cliniques de l’Ontario peuvent compter sur l’expertise d’une équipe diversifiée de professionnels qui ont déjà travaillé avec des enfants touchés par un TSA. Il est important de demander si les physiothérapeutes de la clinique travaillent en collaboration avec d’autres professionnels de façon à offrir le meilleur traitement possible à votre enfant. Ces autres professionnels peuvent comprendre des orthophonistes, des ergothérapeutes, des thérapeutes instructeurs, des psychologues ou neuropsychologues ainsi que des musicothérapeutes. Ces professionnels devraient être disposés à discuter de leurs installations, de leur équipe et des traitements les plus utiles à votre enfant.

Il est important que le physiothérapeute ait déjà travaillé avec des enfants dans le passé et connaisse bien le développement des habiletés motrices globales. Il est également souhaitable qu’il continue de se perfectionner en suivant des cours ou en assistant à des conférences et des séminaires.

Veuillez décrire les services que vous offrez et indiquer leurs coûts; voici des exemples de services :

Une évaluation formelle de la motricité globale de votre enfant comprend un test normalisé qui vous indique exactement le niveau de motricité globale de votre enfant comparativement à celui de ses pairs. À la suite de cette évaluation, vous connaîtrez les scores obtenus au test par votre enfant ainsi son niveau actuel d’habiletés motrices sur une échelle de percentiles. Il se peut que le physiothérapeute vous remette un rapport complet faisant état des habiletés et des scores de votre enfant ainsi que des aspects à améliorer. Ce genre d’évaluation peut être très utile pour obtenir un soutien pour votre enfant, car il contient des renseignements sur ses habiletés et capacités actuelles, en plus de décrire les domaines dans lesquels une amélioration est souhaitable et nécessite une aide externe. Cette information peut faciliter l’obtention du soutien d’un aide-enseignant supplémentaire à l’école, durant les récréations, les cours d’éducation physique ou d’autres activités.

L’évaluation informelle comprend une observation de la motricité globale et des habiletés physiques de votre enfant. Cette évaluation vous indiquera, en gros, où se situe votre enfant par rapport à ses pairs, mais ne vous fournira pas de scores exacts et ne vous indiquera pas non plus l’avance ou le retard de votre enfant comparativement à ses pairs. Ce genre d’évaluation est utile lorsque vous tentez d’atteindre des objectifs très précis.

Le traitement et la thérapie en séance individuelle signifie que le physiothérapeute travaille en solo avec votre enfant. Le traitement vise habituellement à augmenter la capacité de votre enfant d’atteindre les objectifs qui ont été établis conjointement avec votre équipe de soins. Il prend parfois des allures de « jeu », mais votre enfant est, de fait, en train d’acquérir les habiletés physiques qui amélioreront sa motricité globale.

La thérapie en petits groupes fournit aux enfants une occasion d’interagir avec leurs pairs dans un plus petit contexte. Ces groupes peuvent être dirigés par un physiothérapeute ou un assistant en physiothérapie et comportent parfois une collaboration avec d’autres professionnels comme un ergothérapeute ou un orthophoniste. La durée et le coût de ces groupes varient en fonction de leurs objectifs physiques.

Le physiothérapeute peut être appelé à offrir une consultation clinique aux autres membres de l’équipe de soins de votre enfant afin de les soutenir dans leurs interventions. Il peut par exemple rencontrer les membres de l’équipe responsable de l’intervention comportementale intensive (ICI) auprès de votre enfant afin de les aider à apprendre à votre enfant comment attraper une balle ou faire du vélo. Le physiothérapeute aura généralement besoin de passer quelques heures avec votre enfant et avec l’équipe pour leur offrir un soutien et leur présenter de manière détaillée les activités qui stimulent le développement moteur global. Ce service est habituellement facturé à un tarif horaire de 125 $.

Quelles sont les compétences particulières ou l’expérience que doit posséder le physiothérapeute pour offrir un véritable soutien aux enfants touchés par un TSA?

Le thérapeute doit avoir suivi une formation axée sur les interventions auprès des enfants touchés par un TSA et d’autres problèmes de développement, et posséder une expérience de ce genre de travail. Il est important que le thérapeute comprenne les difficultés auxquelles ces enfants sont confrontés, ce qui comprend l’intégration sensorielle, et possède les techniques de gestion du comportement à utiliser dans différentes situations et différents contextes.

« Les parents doivent se sentir à l’aise de poser des questions au physiothérapeute au sujet de son expérience et de sa formation en pédiatrie; et en particulier, leur demander comment il compte utiliser ses compétences pour offrir un soutien aux enfants touchés par un TSA. »

Quel est le niveau d’études d’un physiothérapeute? Existe-t-il une formation particulière que doit suivre un physiothérapeute pour être en mesure de soutenir les enfants touchés par un TSA et d’autres problèmes de développement?

Les physiothérapeutes possèdent un diplôme universitaire dans un programme de physiothérapie accrédité. Dans la plupart des régions du Canada, les programmes universitaires de physiothérapie se situent au niveau de la maîtrise. Tous les physiothérapeutes diplômés doivent réussir un examen national pour être autorisés à exercer leur profession. Les physiothérapeutes qui travaillent avec des enfants devraient parfaire leur formation en s’inscrivant aux différents cours qui leur sont offerts. Les parents doivent se sentir à l’aise de poser des questions au physiothérapeute au sujet de son expérience et de sa formation en pédiatrie; et en particulier, leur demander comment il compte utiliser ses compétences pour offrir un soutien aux enfants touchés par un TSA. Il est important de vérifier s’il se sent généralement à l’aise avec les enfants avant de lui confier le vôtre.

---

Interviewée : Andrea Switzer, MScPT

Andrea a obtenu sa maîtrise en sciences (Physiothérapie) de l’Université Queen’s. À la fin de ses études, elle a reçu le prix de la division pédiatrique, de l’Association canadienne de pédiatrie, pour ses réalisations en pédiatrie. Andrea est également détentrice d’un baccalauréat spécialisé en sciences (Activité physique), de l’Université de Guelph. Son mémoire de maîtrise portait sur les répercussions d’un programme communautaire de natation sur des enfants atteints de paralysie cérébrale. Avant de se joindre à l’équipe des Blue Balloon Health Services, Andrea a travaillé à Calgary, en Alberta, où elle desservait une clientèle d’enfants souffrant troubles complexes du système neuromoteur. Elle traitait alors des enfants à domicile ou en milieu préscolaire; ses tâches consistaient à offrir un soutien thérapeutique direct, à contribuer à l’obtention d’équipement adapté adéquat et à offrir des séances de consultation aux parents, aux enseignants et aux aide-enseignants. Andrea a également poursuivi des études post-universitaires en intégration sensorielle et s’est familiarisée avec les méthodes d’évaluation et de traitement apraxie. Elle a aussi suivi des cours de « kinesiotape » (bandages neuromusculaires), d’exercices fonctionnels pour les enfants souffrant d’un handicap neurologique, de langage des signes, en plus d’avoir obtenu un certificat de Niveau 1 en formation médicale continue (FMC). Andrea adore travailler au sein d’une équipe multidisciplinaire et poursuivre de front différents objectifs thérapeutiques pour aider l’enfant à réaliser son potentiel.

1.4. Les travailleuses et les travailleurs sociaux

Quel est le rôle des travailleuses et des travailleurs sociaux qui interviennent auprès d’un enfant ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et de sa famille?

Les travailleurs sociaux peuvent jouer plusieurs rôles quand il s’agit d’intervenir auprès d’un enfant ayant un TSA et de sa famille. En principe, la travailleuse sociale ou le travailleur social agit en tant que personne ressource pour la famille et l’enfant. Elle ou il peut aussi adopter un rôle de gestionnaire de services et tenter de mobiliser la famille et l’aider à cibler des objectifs pour ensuite proposer une intervention ou un plan d’action approprié. Elle ou il peut orienter la famille vers des allocations gouvernementales ou vers des services adaptés à ses besoins et à ceux de l’enfant. Les travailleuses et travailleurs sociaux peuvent agir comme thérapeutes et offrir des séances de counseling individuelles, familiales ou en petit groupe.

En Ontario, les travailleuses et travailleurs sociaux œuvrent dans plusieurs milieux, notamment les centres communautaires, les centres de santé mentale, les hôpitaux, les écoles, les services d’aide aux employés, au sein du gouvernement et en cabinet privé. Il est donc important de noter que le rôle de la travailleuse sociale ou du travailleur social peut varier énormément en fonction de son milieu de travail, de son expertise et des motifs de consultation.

De quelle façon les séances de counseling peuvent-elles aider un enfant ayant un TSA?

Les séances de counseling individuelles dépendent des niveaux développemental et cognitif de chaque enfant. Des séances individuelles, familiales ou collectives peuvent aider un enfant ayant un TSA à mieux comprendre son diagnostic, à apprivoiser et à reconnaître des sentiments, à établir des scénarios sociaux (histoires sociales), à développer des habiletés sociales et à gérer des relations interpersonnelles. Elles peuvent aussi permettre à un enfant ayant un TSA de mieux vivre une situation familiale, notamment la séparation de ses parents, un décès, un traumatisme ou un changement significatif dans sa vie.

À l’adolescence, les jeunes ayant un TSA sont plus susceptibles de développer des troubles affectifs, notamment de l’anxiété, une dépression et des idées suicidaires. Les travailleurs sociaux sont formés pour évaluer les risques et travailler auprès des jeunes et de leurs familles; leur rôle consiste alors à élaborer un plan d’intervention et de sécurité axé sur les défis à relever ainsi que sur les éléments déclencheurs d’un déséquilibre chez l’adolescent. Des difficultés particulières peuvent également surgir lorsque les ados ayant un TSA atteignent l’âge des relations amoureuses et de la sexualité; les travailleuses et travailleurs sociaux peuvent écouter et accompagner les adolescents, et même les éducateurs, en ces périodes complexes de la vie.

Quels sont les signes indiquant qu’un enfant pourrait bénéficier des services d’une travailleuse sociale ou d’un travailleur social?

Un enfant qui adopte des comportements inhabituels ou qui semble éprouver un niveau de stress anormalement élevé devrait consulter une travailleuse sociale ou un travailleur social. De plus, si l’enfant a des idées noires ou des pensées dépressives ou anxieuses, la travailleuse sociale ou le travailleur social peut lui apporter un soutien, ainsi qu’à sa famille. Enfin, si un enfant est victime d’intimidation en milieu scolaire, a vécu un traumatisme ou traverse une période de changement, il peut tirer parti des services d’une travailleuse sociale ou d’un travailleur social.

Est-ce qu’un enfant de tout âge peut bénéficier des services d’une travailleuse sociale ou d’un travailleur social? Est-ce qu’un enfant de 5 ans est trop jeune pour consulter?

Oui, un enfant de tout âge peut bénéficier des services d’une travailleuse sociale ou d’un travailleur social.

C’est au moment de l’évaluation initiale qu’il sera possible de cibler les besoins principaux, de fixer les objectifs de travail et de proposer un plan d’intervention. Il est à noter que les consultations à cet âge se font avec les parents, car une évaluation en travail social comprend l’analyse non seulement de l’individu, mais aussi de sa famille, de sa collectivité et des obstacles systémiques auxquels l’enfant doit faire face.

Les parents d’enfants ayant un TSA ont-ils avantage à consulter une travailleuse sociale ou un travailleur social?

Oui, les parents ont avantage à consulter une travailleuse sociale ou un travailleur social dès qu’ils prennent connaissance du diagnostic de leur enfant, afin de se familiariser rapidement avec les services de soutien sociaux et les programmes de prestations gouvernementales à cet égard. La travailleuse sociale ou le travailleur social peut aussi fournir un soutien aux parents au cours des phases développementales ou transitionnelles de leur enfant qui nécessitent une aide ou des ressources supplémentaires.

Est-ce qu’une travailleuse sociale ou un travailleur social peut remplir et signer des formulaires, notamment ceux concernant l’aide aux enfants ayant un handicap grave et le crédit d’impôt pour personnes handicapées?

Une travailleuse sociale ou un travailleur social ne peut pas remplir et signer ces formulaires seul(e), mais elle ou il peut aider les parents ou tuteurs à mettre en ordre et à remplir les formulaires de demandes de prestation afin de s’assurer que la demande est complète. Une lettre d’un médecin confirmant le diagnostic de l’enfant doit être jointe aux demandes.

Est-ce qu’une travailleuse sociale ou un travailleur social peut collaborer avec d’autres professionnels pour aider mon enfant, tels qu’un ergothérapeute ou un thérapeute spécialisé en analyse comportementale appliquée (ACA)?

Oui, une travailleuse sociale ou un travailleur social peut collaborer avec d’autres professionnels pour aider un enfant ayant un TSA. En fait, il est préférable qu’une équipe de professionnels travaille de façon concertée pour optimiser les interventions auprès de l’enfant et de sa famille. En général, les conseils scolaires, les organismes communautaires et les centres de santé mentale pour les enfants et les familles sont dotés d’équipes pluridisciplinaires pour répondre aux besoins de l’enfant, de sa famille et de la collectivité.

Quelles sont les questions que je devrais poser à la travailleuse sociale ou au travailleur social lorsque je communique avec elle ou lui dans le but d’obtenir des services pour moi-même ou pour mon enfant?

Il est important de s’assurer que la travailleuse sociale ou le travailleur social est bien renseigné(e) sur les TSA. En effet, tout comme son rôle, son expertise peut varier énormément en fonction de son milieu de travail. Il est donc important de lui préciser la nature de vos préoccupations au quotidien avec votre enfant et de vous assurer de son appui.

Est-ce que la travailleuse sociale ou le travailleur social peut poser un diagnostic de TSA? Peut-elle ou peut-il établir un diagnostic que d’autres professionnels ne sont pas en mesure de poser?

Une travailleuse sociale ou un travailleur social ne peut poser un diagnostic médical. Elle ou il peut toutefois formuler des observations sur les symptômes de l’enfant et recommander des évaluations plus approfondies par un psychologue ou un pédopsychiatre.

Les travailleurs sociaux doivent-ils fournir des rapports écrits de l’évaluation effectuée ou du traitement entrepris?

Selon les exigences des organisations qui les emploient, les travailleurs sociaux sont tenus d’étayer les interventions par des notes de suivi et des rapports, conformément à leur code de déontologie et aux normes d’exercice de leur profession. Toutefois, ces documents sont confidentiels et protégés par la Loi sur la protection des renseignements personnels.

En général, les notes et les rapports ne peuvent être fournis qu’à la demande ou avec le consentement écrit du client ou à la suite d’une ordonnance d’un tribunal.

Quels sont les différents types de thérapie qu’une travailleuse sociale ou un travailleur social peur offrir à un enfant ayant un TSA? Existe-t-il des thérapies dont l’efficacité est plus reconnue que d’autres?

Les types de thérapies offertes par les travailleurs sociaux dépendent largement de leur expertise, de leurs qualifications et des objectifs de travail ciblés avec l’enfant et la famille. Parmi ces thérapies, on retrouve la thérapie brève axée sur les solutions, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), ainsi que la thérapie familiale, de couple et collective.

L’intervention comportementale intensive (ICI) et l’analyse comportementale appliquée (ACA) sont des approches reconnues pour aider les enfants ayant un TSA à modifier certains comportements et à acquérir de nouvelles habiletés sociales, verbales ou expressives. Pour ce faire, la travailleuse sociale ou le travailleur social peut jouer un rôle de psychoéducatrice ou de psychoéducateur auprès des parents.

La TCC est reconnue comme une pratique efficace auprès des personnes autistes qui possèdent des capacités supérieures.

Le nombre de séances de thérapie est-il prédéterminé pour les enfants ayant un TSA? Pour la famille?

Non, le nombre de séances est déterminé en fonction de l’évaluation des besoins et des objectifs de travail.

Est-ce que la travailleuse sociale ou le travailleur social verra mon enfant à son bureau, à notre domicile ou dans la collectivité?

La réponse à cette question dépend du mandat de l’organisation qui emploie la travailleuse sociale ou le travailleur social. Par exemple, les travailleurs sociaux en milieu scolaire rencontreront l’enfant à l’école, les travailleurs sociaux en cabinet privé rencontreront l’enfant à leur bureau et certaines organisations privilégient des consultations à domicile pour aider l’enfant et sa famille.

La travailleuse sociale ou le travailleur social est-elle ou est-il en mesure de me renseigner sur les séances de thérapie offertes à mon fils ou à ma fille de 16 ans?

La travailleuse sociale ou le travailleur social peut renseigner les parents sur les séances de thérapie à la condition d’obtenir au préalable la permission du jeune de 16 ans. Le lien de confiance qui existe entre le jeune et la travailleuse sociale ou le travailleur social est primordial et la confidentialité doit être respectée. Par contre, dans les situations constituant un danger pour les jeunes de 16 ans ou plus, les travailleuses et travailleurs sociaux peuvent être appelés à divulguer certains renseignements à caractère confidentiel afin de protéger ces jeunes et faciliter le travail des professionnels chargés d’élaborer un plan d’intervention ou de sécurité à leur intention.

À combien s’élèvent habituellement les honoraires d’une travailleuse sociale ou d’un travailleur social? Est-ce que les familles peuvent bénéficier d’une aide financière pour payer ces services?

La réponse à cette question dépend du milieu de travail de la travailleuse sociale ou du travailleur social. En milieu scolaire, communautaire, ou gouvernemental, les travailleurs sociaux sont rémunérés par l’employeur. En principe, l’accès à ces services est donc gratuit.

Les honoraires en cabinet privé varient entre 60 $ et 150 $ de l’heure. Certains employeurs offrent des assurances qui couvrent annuellement un certain nombre de consultations avec une travailleuse sociale ou un travailleur social en cabinet privé. Certains employeurs sont aussi dotés d’un service d’aide aux employés qui offre gratuitement des séances de counseling individuelles, conjugales ou familiales.

Existe-t-il des organisations ou des associations dont les travailleurs sociaux devraient ou pourraient souhaiter être membres?

Oui, en Ontario toute personne qualifiée qui souhaite porter le titre de travailleuse sociale ou de travailleur social doit s’inscrire annuellement à l’Ordre des travailleurs sociaux et des techniciens en travail social de l’Ontario. La désignation obligatoire de travailleur social inscrit (TSI) confirme son adhésion à l’ordre professionnel. Les travailleuses et les travailleurs sociaux peuvent également devenir membres de l’Association des travailleurs et travailleuses sociales de l’Ontario (ATTSO); l’inscription à l’ATTSO est d’ailleurs obligatoire pour ceux et celles qui exercent leur profession en cabinet privé.

Quelles sont les études qu’une personne doit faire pour avoir le droit de porter le titre de travailleuse sociale ou de travailleur social?

Le minimum requis est un baccalauréat en service social (BSS) ou un baccalauréat général et une maîtrise en service social (MSS).

---

Interviewé: Andréanne Fleck Saito, TSI

Andréanne est originaire de la région de Toronto et exerce sa profession de travailleuse sociale en milieu scolaire; elle est à l’emploi du Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud depuis 2006. Elle est inscrite à l’Ordre des travailleurs sociaux et des techniciens en travail social et est aussi membre de l’Association des travailleuses et travailleurs sociaux de l’Ontario. Depuis septembre 2010, Andréanne fait parti du comité de travail social en milieu scolaire de l’Ontario et cherche à promouvoir, au sein de sa profession, les intérêts ainsi que les besoins de la communauté franco-ontarienne en matière de santé mentale. Son désir de devenir travailleuse sociale a été alimenté par les liens particuliers qu’elle entretient depuis nombre d’années avec les membres de la communauté autiste par l’entremise d’Autisme Ontario. Elle a obtenu un baccalauréat en Service social de l’Université de Ryerson, à Toronto, en 1998. 

1.5. Les orthophonistes

Quel est le rôle des orthophonistes qui interviennent auprès des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

Les orthophonistes jouent plusieurs rôles liés à l’évaluation et à l’intervention auprès d’enfants ayant un TSA. Ils ou elles peuvent travailler au sein d’une équipe multidisciplinaire, élaborer un plan d’intervention ou même travailler directement avec les enfants, afin de les aider à surmonter leurs difficultés de langage du versant réceptif (compréhension) et d’expression orale. Les orthophonistes traitent également des habiletés pragmatiques, c’est-à-dire l’utilisation sociale du langage.

Quels sont les signes dénotant qu’un enfant pourrait avoir besoin de l’aide d’un ou d’une orthophoniste?

Voici quelques indices à ce chapitre :

 

  • l’enfant est non verbal, éprouve des difficultés à articuler ou à exprimer ses besoins et ses pensées;
  • l’enfant a peine à suivre des directives;
  • l’enfant éprouve des difficultés de compréhension sur le plan de la communication verbale et/ou non verbale;
  • l’enfant a des habiletés sociales limitées et des relations difficiles avec ses pairs.

 

Bref, tout enfant qui éprouve des difficultés de langage dans son versant réceptif (compréhension), d’expression orale et de pragmatique pourrait bénéficier de services d’orthophonie.

Est-ce qu’un enfant peut être mis en contact avec un ou une orthophoniste par l’entremise du conseil scolaire? Qui doit assumer les coûts de ces services?

Oui, certains orthophonistes travaillent effectivement pour les conseils scolaires. Cependant, chaque conseil scolaire possède son propre mode de fonctionnement. Certains conseils scolaires offrent des services d’évaluation et/ou d’intervention et/ou des services consultatifs. Ces services sont gratuits. Par contre, si un parent désire obtenir plus de services, il devra défrayer le coût de services privés, soit par ses propres moyens ou par l’entremise des avantages sociaux offerts par son employeur.

Est-ce que l’enfant qui a un syndrome d’Asperger et qui possède un vocabulaire étendu peut bénéficier des services d’un ou d’une orthophoniste?

Absolument! Un élève ayant un syndrome d’Asperger peut bénéficier des services d’un ou d’une orthophoniste, plus particulièrement en ce qui a trait aux habiletés sociales, y compris la communication expressive et réceptive. L’orthophoniste pourra l’amener à développer des aptitudes qui lui permettront une vie sociale et interpersonnelle plus épanouissante.

Est-ce qu’un ou une orthophoniste peut enseigner à communiquer verbalement à un enfant non verbal?

La réponse à cette question sera différente pour chaque enfant. Plusieurs facteurs affectent la capacité de l’enfant à communiquer verbalement, notamment l’âge chronologique, le quotient intellectuel, la sévérité du diagnostic, la personnalité. Parfois, certains enfants non verbaux apprennent à communiquer verbalement, mais chaque cas est unique. Selon les recherches, environ 50 % des enfants autistes n’ont pas recours à la parole comme méthode principale de communication. Les interventions de l’orthophoniste auprès d’un enfant non verbal viseront avant tout la communication fonctionnelle, quelle que soit la méthode préconisée.

Est-ce qu’un ou une orthophoniste peut remplir et signer des formulaires, notamment ceux concernant l’aide à l’égard des enfants qui ont un handicap grave et le crédit d’impôt pour personnes handicapées?

Oui, l’orthophoniste peut remplir une section du formulaire pour le crédit d’impôt pour personnes handicapées. Cependant, le formulaire doit comporter une mention selon laquelle l’orthophoniste est dûment qualifié à cette fin.

Est-ce que l’orthophoniste peut collaborer avec d’autres professionnels pour aider un enfant, par exemple avec un ergothérapeute ou un thérapeute spécialisé en analyse comportementale appliquée (ACA)?

En effet, il est fortement recommandé que l’orthophoniste de votre enfant travaille en collaboration avec une équipe multidisciplinaire. Une fois votre consentement obtenu, l’orthophoniste pourra échanger sur les objectifs et les progrès de votre enfant avec les autres professionnels. Ce partage permet souvent à l’enfant de mieux progresser puisque les efforts sont axés sur des objectifs précis.

Est-ce qu’un financement direct versé par le gouvernement pour un programme d’intervention comportementale intensive (ICI) peut être utilisé pour payer un ou une orthophoniste qui travaille avec une équipe de professionnels?

Malheureusement, le financement ne peut être versé pour payer un ou une orthophoniste qui travaille avec une équipe de professionnels. La seule exception à cette règle est si l’orthophoniste agit à titre de superviseur clinique ou de thérapeute principal.

Quelles sont les questions que je devrais poser à un ou une orthophoniste lorsque je sollicite ses services pour mon enfant?

Plusieurs questions peuvent être posées en fonction du milieu de travail de l’orthophoniste.

Voici, selon nous, les principales questions prioritaires à poser aux orthophonistes :

 

  • Quels types de services sont offerts (intervention directe, intervention indirecte, consultation)?
  • Quelle est la fréquence d’intervention?
  • Qui est chargé du suivi orthophonique?
  • Quelles sont les attentes des orthophonistes concernant la participation des parents à la mise en application du plan d’intervention?
  • Est-ce que les objectifs du plan d’intervention sont déterminés en collaboration avec les parents?
  • Est-ce que les orthophonistes acceptent de collaborer avec une équipe multidisciplinaire?
  • Est-ce que les orthophonistes doivent préparer un rapport d’intervention et si oui, à quelle fréquence?
  • Quels sont les coûts associés à ce type de service?
  • Quels types d’expérience vivent les orthophonistes lorsqu’ils interviennent auprès d’enfants ayant un TSA?
  • Quelles sont les modes d’interventions que préconisent les orthophonistes?

 

Est-ce que l’orthophoniste peut poser un diagnostic de TSA? Peut-il établir un diagnostic que d’autres professionnels ne sont pas en mesure de poser?

Selon l’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario (OAOO), un ou une orthophoniste ne peut poser de diagnostic. Le diagnostic de TSA doit être établi par un psychologue ou un médecin (médecin de famille, pédiatre, psychiatre, etc.).

Est-ce que les orthophonistes devraient fournir des rapports écrits d’évaluation ou des traitements entrepris?

Les orthophonistes doivent écrire des rapports à la suite d’une évaluation, d’un bloc d’interventions ou dès que les objectifs orthophoniques de l’enfant changent. Ces rapports permettent aux parents de mieux comprendre les progrès de l’enfant. Par la suite, les parents seront invités à donner leur consentement pour diffuser le rapport aux personnes qui interviennent auprès de leur enfant. À ce chapitre, nous recommandons de diffuser le rapport à la direction de l’école (le rapport fera partie du dossier scolaire de l’Ontario (DSO) de l’élève), à la garderie, au médecin et à tout autre professionnel de la santé qui prodigue des soins à l’enfant, ainsi qu’à tous les membres de l’équipe d’intervention, notamment le spécialiste en ACA, l’ergothérapeute et le psychologue.

Quels sont les différents types d’intervention qu’un ou une orthophoniste peut offrir à un enfant ayant un TSA? Existe-t-il des thérapies dont l’efficacité est plus reconnue que d’autres?

Les orthophonistes peuvent offrir une variété d’interventions aux enfants ayant un TSA. Les services peuvent être offerts par l’orthophoniste ou l’aide-orthophoniste (sous la supervision d’un ou d’une orthophoniste).

Les services les plus reconnus et courants sont les suivants :

 

  • services liés à l’articulation (afin d’aider les enfants à bien prononcer les sons);
  • services liés au langage (afin d’aider les enfants avec la forme et le contenu du langage – p. ex. l’acquisition du vocabulaire et la formulation de phrases complètes);
  • services liés à la communication fonctionnelle (afin d’aider les enfants à acquérir des principes de communication simple de tous les jours);
  • services liés à la pragmatique (afin d’aider les enfants avec l’utilisation du langage en lien avec leurs habiletés sociales).

 

Le nombre de séances de thérapie est-il prédéterminé pour les enfants ayant un TSA?

Il est possible que l’orthophoniste offre un nombre déterminé de séances de thérapie à l’enfant ayant un TSA (p. ex. pendant huit à dix semaines). Ces séances peuvent avoir lieu avec l’orthophoniste ou l’aide-orthophoniste (sous la supervision d’un ou d’une orthophoniste); l’enfant peut aussi être suivi par l’orthophoniste pendant une longue période de temps. La durée des interventions est déterminée en fonction des besoins de l’enfant, des types de services offerts par l’orthophoniste et des politiques du fournisseur de services.

Y a-t-il d’autres aspects dont je devrais être mis au courant lorsque je travaille avec un ou une orthophoniste ou que je retiens ses services?

Il est important de se rappeler qu’un ou une orthophoniste peut travailler dans différents domaines langagiers et que les objectifs visés pour votre enfant peuvent faire partie de ces différents domaines. Ces domaines comprennent notamment le langage réceptif, le langage expressif, l’articulation, la fluidité, la suppléance à la communication et la pragmatique. Par contre, il est possible que le progrès ne soit perceptible qu’après une longue période de temps. Il est donc primordial d’apprécier chaque petit progrès accompli par votre enfant! Il est crucial que toute l’équipe travaille sur les mêmes objectifs et s’engage réellement à mettre en pratique les recommandations de l’orthophoniste. En effet, l’orthophoniste travaillera en moyenne une heure par semaine avec votre enfant, la responsabilité de mettre en pratique ses recommandations revient donc aux parents et à l’équipe d’intervenants!

À combien s’élèvent habituellement les honoraires d’un ou d’une orthophoniste? Est-ce que les familles ont accès à du financement pour payer les services d’un ou une orthophoniste?

Si les services sont fournis par un organisme gouvernemental, aucun coût n’est rattaché à ces services (p. ex. services de santé, conseil scolaire, centre de soins communautaires). Veuillez noter que l’enfant doit avoir une carte de santé valide afin de recevoir certains de ces services. Par contre, des coûts sont exigés pour les services privés d’orthophonie et les honoraires varient d’une clinique à l’autre. La meilleure solution consiste à demander à l’orthophoniste de vous renseigner sur ses honoraires au moment de fixer le premier rendez-vous.

L’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario (OAOO) exige que l’orthophoniste vous informe sur les coûts des services qui vous seront offerts. Les parents peuvent utiliser une partie de leurs avantages sociaux pour payer ce service.

Est-ce que l’orthophoniste verra mon enfant à son bureau, à notre domicile ou dans la collectivité?

Une fois de plus, la réponse à cette question varie d’un ou d’une orthophoniste à l’autre. Certains orthophonistes travaillent à leur bureau, d’autres préfèrent les visites à domicile et certains préfèrent travailler dans la collectivité.

Existe-t-il des organisations ou des associations dont les orthophonistes devraient ou pourraient souhaiter être membres?

Tout orthophoniste doit être membre agréé de l’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario (OAOO) pour exercer sa profession. Donc, les orthophonistes font partie d’une profession règlementée. Il est également souhaitable que l’orthophoniste soit membre de l’Association canadienne des orthophonistes et des audiologistes (ACOA), de l’American Speech-Language-Hearing Association (ASHA) ainsi que des deux associations professionnelles qui font la promotion des services en français en Ontario, soit le Regroupement des intervenantes et intervenants francophones en santé et en services sociaux de l’Ontario (RIFSSSO) et le Regroupement des audiologistes et orthophonistes travaillant en français en Ontario (RAOFO). Il existe également plusieurs autres associations telles que l’Ontario Association of Speech-Language Pathologists and Audiologists (OSLA).

Quelles sont les études qu’une personne doit compléter pour avoir le droit de porter le titre d’orthophoniste?

Pour porter le titre d’orthophoniste, il faut être titulaire d’un baccalauréat spécialisé et d’une maîtrise en orthophonie. De plus, l’Ordre des audiologistes et des orthophonistes de l’Ontario (OAOO) exige que l’orthophoniste continue à parfaire ses connaissances en suivant des formations ou des cours en ligne, en lisant des articles scientifiques et en participant à un programme d’auto-évaluation; pour conserver sa certification professionnelle, l’orthophoniste se doit de respecter toutes ces exigences.

---

Interviewé: Stéfanie Brunelle, orthophoniste

Stéfanie Brunelle est née à Thunder Bay et y a fait ses études primaires et secondaires. Dès l’âge de 10 ans, Stéfanie est certaine de vouloir devenir orthophoniste, car elle a l’occasion de constater les bienfaits des services d’orthophonie fournis à l’une de ses proches. Pour réaliser son rêve, elle déménage à Ottawa où elle entreprend des études en linguistique et en psychologie à l’Université d’Ottawa. Elle obtient un baccalauréat dans chacune de ces disciplines, puis décide de s’inscrire à des études de maîtrise en orthophonie à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, qui lui décerne ce diplôme de deuxième cycle en avril 2007. Depuis, Stéfanie est rentrée à Thunder Bay et travaille comme orthophoniste pour le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales. Elle est très heureuse d’occuper ce poste et adore oeuvrer auprès de la clientèle scolaire. Elle prévoit consacrer de nombreuses années à travailler auprès des élèves en difficulté, puisqu’il s’agit après tout de sa principale passion dans la vie!

 

1.6. Les enseignantes et les enseignants

Quelle est la scolarité requise pour obtenir un brevet d’enseignement?

Pour devenir membre de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, il faut avoir complété au moins trois années d’études de premier cycle universitaire dans une discipline quelconque, comme les Arts, le Commerce ou les Sciences, et être titulaire d’un baccalauréat en Éducation. Tous les programmes de formation des enseignantes et enseignants comprennent de nombreux stages d’enseignement au cours desquels les pratiques pédagogiques et le rendement sont rigoureusement évalués.

Est-ce que les enseignantes et les enseignants ont la possibilité de suivre des cours crédités sur les troubles du spectre de l’autisme?

L’Ordre des enseignantes et des enseignants a élaboré un cours de qualification additionnelle : Éducation de l’enfance en difficulté-Communication-Autisme. Pour s’inscrire à un cours de qualification additionnelle, l’enseignante ou l’enseignant doit être membre de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario. De plus, les personnes qui souhaitent poursuivre leur spécialisation au-delà des cours de base doivent satisfaire à des exigences relatives au nombre d’années d’expérience. Étant donné que l’endroit où ce cours de qualification additionnelle est offert peut varier d’une année à l’autre, il est possible d’obtenir des renseignements à ce sujet et de consulter la liste de fournisseurs de cours (en français) menant à une qualification additionnelle en effectuant une recherche en ligne ou en s’adressant directement à l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario à l’adresse suivante : http://www.oct.ca/home.aspx?lang=fr-CA

Certaines universités de l’Ontario, comme l’Université McMaster et l’Université de Windsor, offrent des cours, en anglais, sur les troubles du spectre de l’autisme (TSA) et procurent à leurs étudiantes et étudiants des occasions d’effectuer de la recherche; mais pour le moment, aucune université n’offre de programme spécialisé dans le domaine des TSA.

Quelques collèges de l’Ontario offrent un programme d’études supérieures en autisme et sciences du comportement, conçu tout spécialement pour préparer les diplômés à travailler directement auprès des enfants ayant un TSA. Ce programme est disponible sur le campus et en ligne. Les enseignantes et les enseignants trouvent ce programme très intéressant puisque qu’il leur permet d’acquérir des connaissances approfondies sur les TSA et sur l’analyse comportementale appliquée (ACA). La cité Collégiale offre ce certificat postdiplôme en français : http://www.lacitec.on.ca/programmes/71601.htm. Pour de plus amples renseignements sur le programme en question offert en anglais : http://www.ontariocolleges.ca/searchresults/education-community-social-services-behavioural-science/_/n-ll0t

Est-ce que les enseignantes et les enseignants à l’emploi d’un conseil scolaire peuvent aussi travailler dans le privé?

Oui, les enseignantes et les enseignants sont autorisés à travailler dans le privé pourvu que ce soit en dehors des heures de classe régulières. De plus, lors de leurs interventions à titre privé, ils n’ont pas de comptes à rendre à leur conseil scolaire; ils demeurent toutefois responsables devant l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, l’organisme provincial de réglementation.

À qui les enseignantes et les enseignants qui ne sont pas à l’emploi d’un conseil scolaire doivent-ils rendre des comptes?

Après avoir obtenu un diplôme de leur établissement de formation, les enseignantes et les enseignants peuvent présenter une demande d’inscription à l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, qui évalue alors leurs qualifications, leur attribue un numéro de membre et leur remet un certificat de qualification et d’inscription. Ils doivent acquitter une cotisation annuelle pour renouveler leur adhésion à l’Ordre. Tous les conseils scolaires et administrations scolaires en Ontario, ainsi que la plupart des écoles privées n’embauchent que des enseignantes ou des enseignants qui sont membres de l’Ordre. Tout membre de l’Ordre relève de l’autorité de ce dernier. Les enseignantes et les enseignants qui ne sont pas membres de l’Ordre ne sont pas tenus de rendre des comptes à quelque organisation professionnelle que ce soit.

Sur le site Web de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (www.oct.ca), tout citoyen peut effectuer une recherche sur toute personne autorisée à enseigner dans les écoles financées par les derniers publics. Tel qu’indiqué sur le site Web, les renseignements suivants sont accessibles au public :

  • Qualifications;
  • Date d’obtention de l’autorisation d’enseigner initiale;
  • Statut auprès de l’Ordre;
  • Mesures disciplinaires, le cas échéant.

Est-ce que je devrais embaucher une enseignante ou un enseignant pour travailler avec mon enfant à la maison?

La décision d’embaucher une enseignante ou un enseignant pour travailler avec votre enfant à la maison, en dehors des heures de classe, dépendra des besoins de votre enfant et des objectifs pédagogiques qui sont poursuivis. Il s’agira d’une décision individuelle fondée sur votre situation particulière. Si votre enfant éprouve des difficultés dans une matière donnée, comme les mathématiques ou la lecture, ou s’il manifeste des signes de frustration en faisant ses devoirs, vous auriez intérêt à en discuter avec son enseignante ou son enseignant afin de déterminer si cela vaut la peine de lui faire suivre des cours supplémentaires à domicile. Dans bien des cas, cela est extrêmement bénéfique.

Si vous souhaitez embaucher une personne comme tutrice ou tuteur pédagogique à domicile, une enseignante ou un enseignant répondra probablement mieux à vos besoins. Les enseignantes et les enseignants ont reçu une formation qui favorise leur autonomie au travail et leur apprend comment transmettre un contenu éducatif. Pour travailler avec des élèves qui ont un TSA, l’enseignante ou l’enseignant doit posséder une base solide de connaissances sur leurs styles d’apprentissage ainsi que les approches méthodologiques adaptées à leurs besoins. Mais si vos objectifs ne sont pas principalement scolaires, telle que l’amélioration des interactions sociales de votre enfant, il pourrait être préférable d’embaucher une personne qui possède des qualifications en ce domaine, comme une aide-enseignante ou un aide-enseignant ou encore une ou un thérapeute possédant une expertise dans le domaine des TSA.

Il arrive parfois qu’une enseignante ou un enseignant à la retraite devienne tutrice ou tuteur pédagogique. Habituellement, cette personne possède de nombreuses années d’expérience en enseignement; toutefois, il serait essentiel de vous renseigner sur l’étendue de son expérience auprès d’enfants ayant un TSA. Il est possible qu’une enseignante ou qu’un enseignant à la retraite ne soit plus membre de l’Ordre des enseignantes et des enseignants, mais les personnes qui souhaitent entreprendre une seconde carrière en tutorat maintiennent habituellement leur adhésion à leur Ordre.

Il se peut qu’une enseignante ou un enseignant qui vient tout juste d’obtenir son diplôme universitaire et qui n’est pas encore à l’emploi d’un conseil scolaire souhaite travailler avec une ou un élève ayant un TSA afin d’acquérir de l’expérience. En travaillant avec votre enfant, cette personne a l’occasion d’enrichir considérablement sa base de connaissances, mais il serait important de vous assurer qu’elle possède déjà une bonne compréhension des TSA, manifeste une volonté d’apprendre et démontre qu’elle est engagée dans un processus actif d’apprentissage (lectures, activités de perfectionnement professionnel, cours).

Est-ce que je peux embaucher l’enseignante ou l’enseignant de mon enfant?

Oui, dans certaines situations, vous pouvez embaucher l’enseignante ou l’enseignant de votre enfant; cependant, les politiques à cet égard peuvent varier d’un conseil scolaire à un autre. Avant d’en parler à l’enseignante ou à l’enseignant de votre enfant, vérifiez auprès du directeur ou de la directrice de l’école si cette pratique est permise. En tout état de cause, il n’est peut-être pas sage de retenir les services de l’enseignante ou de l’enseignant de votre enfant pour lui donner des cours à domicile, pour plusieurs raisons :

  • Votre enfant peut avoir de la difficulté à établir une distinction entre le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant à la maison et son rôle à l’école. Les modes d’interaction familiers qui peuvent être établis en milieu familial ne doivent pas être transférés en milieu scolaire. Par exemple, en classe, l’élève pourrait s’attendre à une plus grande attention individuelle que l’enseignante ou l’enseignant n’est en mesure de lui accorder.
  • Votre enfant et son enseignante ou son enseignant se voient déjà plusieurs heures par jour. Le fait d’accroître exagérément ce nombre d’heures d’interaction risque de miner la relation et d’engendrer des problèmes de gestion en classe.
  • Le fait que l’enseignante ou l’enseignant de votre enfant vienne régulièrement à la maison peut faire en sorte qu’il devienne difficile d’établir une distinction entre la relation formelle enseignant-parent d’une part et la relation familière et amicale qui s’établit habituellement avec une personne qui travaille à domicile sur une base régulière.
  • La rémunération des services à domicile de l’enseignante ou de l’enseignant peut devenir un élément embarrassant dans la relation.

Est-ce que je peux demander à voir les qualifications d’une enseignante ou d’un enseignant?

Oui, vous devez demander à voir le dossier officiel des qualifications de toute personne que vous songez à embaucher pour travailler avec votre enfant. Ce dossier pourrait comprendre une attestation de formation dans le cadre d’un programme d’études spécialisé tels que le Système de communication par échange d’images (PECS) ou l’Analyse comportementale appliquée (ACA). Vous pouvez aussi demander à la candidate ou au candidat de vous montrer son certificat de qualification et d’inscription à l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario. Si la candidate ou le candidat n’est pas en possession d’un tel certificat, vous pouvez lui réclamer une attestation de sa formation d’enseignante ou d’enseignant, par exemple un certificat de fin d’études ou un diplôme. C’est à vous de décider si cette personne peut éventuellement aider votre enfant à progresser sur le plan scolaire. Vous pouvez lui suggérer de poursuivre sa formation pour obtenir un certificat de qualification, surtout si cette personne est une enseignante ou un enseignant provenant d’un autre pays.

Est-ce qu’il y a des questions que je devrais poser à une candidate ou à un candidat pour me renseigner sur son expérience et sur sa connaissance des TSA?

  • Qu’est-ce que l’autisme? Quelles sont les caractéristiques des TSA?
  • Avez-vous de l’expérience du travail auprès de personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme? Si oui, pouvez-vous me la décrire?
  • Quel est le dernier livre ou le dernier article sur les TSA que vous avez lu? Pouvez-vous m’en parler?
  • À quand remonte votre dernière participation à une formation sur les TSA? Qu’avez-vous appris au cours de cette formation?
  • Quelles sont les matières que vous aimez le plus enseigner?
  • Pourquoi voulez-vous travailler avec mon enfant?
  • Mon enfant a de la difficulté en ______. Quelle expérience avez-vous de l’enseignement de cette matière?
  • Qu’aimeriez-vous savoir au sujet de mon enfant avant de commencer à travailler avec lui ou avec elle?
  • Par quel élément aimeriez-vous commencer l’enseignement à domicile?
  • Quelles sources d’information souhaitez-vous consulter afin de déterminer le contenu d’un programme d’enseignement à domicile? (les parents, les enseignantes ou les enseignants à l’école, le Plan d’enseignement individualisé, l’intérêt de l’élève)
  • Quelle serait la structure d’une séance d’enseignement à domicile?
  • Que pensez-vous de l’utilisation du renforcement positif?
  • Quelle serait votre réaction si mon enfant faisait une crise au cours d’une séance d’enseignement ou était incapable de se concentrer sur la tâche que vous lui proposez (si cela est nécessaire)?
  • Comment comptez-vous évaluer les progrès de mon enfant? Quels types de données tenteriez-vous de réunir et par quel moyen?
  • Pouvez-vous me fournir des références?

Quelles sont les étapes à suivre pour mettre en place un programme d’enseignement à domicile?

A) Préparer l’environnement

  • Indiquez les jours et l’heure des séances d’enseignement à domicile sur un calendrier. Autant que possible, placez ces séances au même moment de la semaine.
  • Choisissez une pièce adéquate dans votre maison, une pièce où votre enfant se sentira à l’aise et ne sera pas distrait par la télévision ou par une autre personne travaillant à l’ordinateur. Installez un pupitre ou une table de travail dans cette pièce et prévoyez un endroit pour ranger le matériel. En principe, la porte de la pièce choisie devrait rester ouverte durant les séances d’enseignement.
  • En choisissant un moment pour les séances d’enseignement à domicile, assurez-vous que votre enfant a eu du temps pour se reposer et s’adonner à une activité de loisir avant de se « remettre au travail ». Après la séance d’enseignement, offrez une collation à votre enfant et/ou donnez-lui la possibilité de se livrer à l’une de ses activités préférées.
  • Si vous embauchez plus d’une personne, indiquez clairement sur le calendrier quel professeur viendra ce jour-là et quelle matière sera à l’ordre du jour, par exemple les mathématiques, la lecture ou l’écriture. Chaque enseignant à domicile doit travailler sur des matières précises afin de ne pas créer de confusion chez l’élève par l’utilisation de différentes approches, de différents modèles vocaux ou de vocabulaire d’enseignement différent.

B) Préparer votre enfant

  • Lorsque vous décidez d’embaucher un enseignant à domicile, dites-le à votre enfant bien avant la date prévue de la première séance. Expliquez-lui la raison d’être des cours à domicile et informez-le du plan établi – le nombre de fois par semaine, les sujets d’étude et vos attentes concernant sa participation.
  • Si les périodes d’enseignement interfèrent avec l’une de ses émissions favorites à la télévision ou une autre activité, rassurez votre enfant en lui disant que vous allez enregistrer son émission et qu’il pourra la regarder lorsque la séance sera terminée ou qu’il pourra participer à l’activité à un autre moment. Promettez à votre enfant qu’il ou qu’elle ne manquera rien.
  • Présentez ce plan d’enseignement en des termes positifs en expliquant à votre enfant que cela l’aidera à mieux comprendre les choses qui sont difficiles et à rester à jour dans ses travaux scolaires.

C) Préparer l’enseignante ou l’enseignant à domicile

  • Pour comprendre les difficultés de votre enfant et les types de remédiation ou d’assistance dont il a besoin, vous devrez informer la personne embauchée des points forts et des besoins de votre enfant. Il peut être très utile de permettre au professeur à domicile de prendre connaissances des bulletins scolaires antérieurs de votre enfant et de tous les rapports d’évaluation psychoéducationnelle qui sont disponibles.
  • Remettez au professeur à domicile un exemplaire du Plan d’enseignement individualisé de votre enfant de façon à ce qu’il puisse confirmer qu’il est possible d’exécuter ce plan.
  • Peut-être souhaiterez-vous aborder la question du caractère confidentiel des documents concernant votre enfant et demander au professeur à domicile de signer une entente de confidentialité. Vous pouvez discuter de ce sujet avec un avocat; mais au sein de la profession enseignante, il est généralement admis que les renseignements personnels sont de nature confidentielle. De plus, vous devrez peut-être donner à l’enseignante ou à l’enseignant de votre enfant à l’école, et à son professeur à domicile, l’autorisation de communiquer ensemble, et cela doit généralement se faire par écrit.
  • Il sera également utile d’expliquer à l’enseignante ou à l’enseignant à domicile comment se manifeste le TSA chez votre enfant, en portant une attention particulière à des aspects tels que la communication, la sensibilité sensorielle, l’endurance, les signes de fatigue ou l’irritabilité, autrement dit comment se rendre compte que « ça suffit », et quels types de louange ou de renforcement sont les plus efficaces.
  • À mesure que vous apprendrez à connaître l’enseignante ou l’enseignant, vous souhaiterez peut-être partager avec elle ou avec lui des articles, des livres ou des DVD sur les TSA que vous avez trouvé particulièrement utiles et intéressants.
  • Assurez-vous d’avoir une conversation avec la personne que vous comptez embaucher afin de lui indiquer si vous avez l’intention de lui confier la garde de votre enfant ou de demeurer dans la maison durant les séances d’enseignement. Il est hautement souhaitable que vous soyez à la maison lors de toutes les séances de travail avec votre enfant, car votre absence peut être très perturbante pour votre enfant et placer l’enseignante ou l’enseignant dans une situation embarrassante en l’obligeant à jouer le rôle de gardienne ou de gardien d’enfant en plus de son travail d’enseignement.

D) La relation entre l’enseignante ou l’enseignant et l’enfant

  • La première rencontre entre votre enfant et l’enseignante ou l’enseignant à domicile doit être de nature sociale – juste « pour faire connaissance ». Cette rencontre peut se dérouler dans une pièce de la maison où votre enfant se sent à l’aise, par exemple, dans la cuisine, en prenant une collation ou en savourant une gâterie à la table.
  • L’enseignante ou l’enseignant peut questionner votre enfant sur ses intérêts, ses activités préférées, sa famille, ses animaux favoris, ce qu’il aime faire à l’école – le genre de questions qu’un adulte pose à tous les enfants. Si votre enfant a des aptitudes verbales limitées, vous pouvez avoir une conversation avec l’enseignante ou l’enseignant en prenant soin de le faire participer dans la mesure du possible.
  • Encouragez votre enfant à faire visiter sa chambre à l’enseignante ou à l’enseignant et à lui montrer ses jouets préférés, ses livres ou ses films.
  • L’enseignante ou l’enseignant peut suggérer de lire une histoire avec votre enfant ou de faire avec lui une autre de ses activités préférées.
  • L’enseignante ou l’enseignant devrait parler un peu d’elle-même ou de lui-même à votre enfant – ses animaux favoris, ses enfants, ses passe-temps, etc.
  • L’enseignante ou l’enseignant peut aussi discuter avec votre enfant du genre de travail qu’ils vont faire ensemble, puis fixer une date pour la première séance de façon à ce que votre enfant sache à quoi s’attendre et à quel moment. L’enseignante ou l’enseignant peut aussi remettre à votre l’enfant une photo d’elle-même ou de lui-même afin qu’il se familiarise avec ce visage et « s’habitue » à la présence de cette nouvelle personne dans sa vie.
  • De temps à autre, l’enseignante ou l’enseignant ne devrait pas hésiter à apporter quelque chose de nouveau ou d’intéressant que votre enfant pourra regarder, lire ou faire. Ce geste est de nature à préserver l’intérêt de la relation et à fournir à l’enfant une autre raison d’avoir hâte aux séances d’enseignement.
  • Si vous-même ou l’école utilisez des renforçateurs avec votre enfant, partagez cette information avec l’enseignante ou l’enseignant à domicile – et prenez soin de préciser quels renforçateurs ou incitatifs donnent de bons résultats.

E) La relation entre la maison et l’école

  • Demandez à l’enseignante ou à l’enseignant de votre enfant à l’école de vous indiquer dans quelle matière ou dans quelles matières votre enfant éprouve des difficultés et pourrait peut-être faire des progrès s’il bénéficiait de cours supplémentaires.
  • Dans la mesure du possible, l’enseignante ou l’enseignant en classe et l’enseignante ou l’enseignant à domicile doivent se concerter, ne serait-ce que brièvement, au sujet des habiletés particulières à enseigner*, du vocabulaire d’enseignement utilisé à l’école, des délais existants pour maîtriser une habileté particulière ou de la période de l’année où est prévue une évaluation de cette même habileté en milieu scolaire, et des dates de remise des travaux de l’élève. Cette communication peut se faire par votre entremise ou sous forme de billets écrits à l’intention de l’enseignante ou de l’enseignant à domicile, telle qu’une note glissée dans le sac à dos de l’élève. À vous de décider quelle méthode vous convient le mieux.
  • L’enseignante ou l’enseignant en classe pourrait aussi renseigner l’enseignante ou l’enseignant à domicile sur les stratégies qui se sont révélées particulièrement efficaces ainsi que sur les sujets d’étude à venir pour lesquels votre enfant pourrait être préparé.
  • Si l’enseignement à domicile porte fruit, vous souhaiterez peut-être, à un moment donné, inviter l’enseignante ou l’enseignant à domicile à vous accompagner aux réunions de mise à jour du Plan d’enseignement individualisé ou à d’autres réunions où il sera question du programme d’études et des progrès de votre enfant.

* Par exemple, la résolution d’équations ou de problèmes mathématiques peut nécessiter l’emploi de formules précises et comporter des étapes prédéfinies. Il est essentiel que l’enseignante ou l’enseignant à domicile aient ces informations en main de façon à pouvoir proposer à votre enfant des étapes ou des solutions qui ne diffèrent pas de celles généralement utilisées en classe.

Autres suggestions

Votre enfant peut manifester de l’intérêt pour un domaine particulier qui peut faire partie du plan d’enseignement à domicile, à titre d’unité d’étude indépendante. À chaque séance d’enseignement, du temps peut être réservé pour effectuer des travaux et des recherches dans ce domaine. Cette pratique peut être très utile, car il est souvent impossible de trouver du temps pour ce genre d’enseignement individualisé à l’école. Votre enfant pourrait être très stimulé par l’étude de l’un de ses sujets préférés et ce pourrait être pour lui l’occasion de développer de nombreuses compétences.

  • Bon nombre d’élèves n’ont pas la possibilité d’acquérir des connaissances ou des compétences en informatique, telle que l’utilisation d’un clavier. Ce pourrait être une habileté importante à développer dans le cadre de l’enseignement à domicile, tout particulièrement pour les élèves qui ont de la difficulté à utiliser les caractères d’imprimerie ou à écrire en lettres attachées. Pour ce faire, votre enfant devra avoir accès à un clavier. De plus, une partie de la séance d’enseignement à domicile pourrait être consacrée à l’apprentissage de la maîtrise du clavier; cette activité pourrait être inscrite à l’horaire de travail sur une base régulière. Pour certains élèves, apprendre à se servir de Microsoft Word et de PowerPoint™ peut se traduire par une amélioration significative de leurs habiletés en composition et en présentation orale.
  • Les parents pourraient aussi songer à utiliser des logiciels éducatifs pour améliorer les habiletés de leur enfant en milieu familial; si tel est le cas, l’enseignante ou l’enseignant à domicile pourrait aider l’enfant à s’en servir. L’enseignante ou l’enseignant de votre enfant à l’école ou une enseignante-ressource sera peut-être en mesure de vous recommander un logiciel en particulier; il est également possible de vous laisser guider dans vos choix par un distributeur de logiciels éducatifs. Vous trouverez sur le site Web d’Autisme Ontario de précieux conseils pour l’utilisation à bon escient d’un logiciel éducatif.

Quels sont les honoraires qu’une enseignante ou un enseignant à domicile peut raisonnablement demander pour ses services?

Il n’existe pas de tarif fixe ou réglementé pour les services des enseignantes ou des enseignants à domicile. Vous pouvez vous renseigner sur les tarifs locaux du tutorat, en sachant que ces honoraires tiennent compte du niveau scolaire et des sujets enseignés; plus la matière est complexe, plus le tarif est élevé. Vous pouvez aussi vérifier auprès d’organismes locaux, comme Autisme Ontario ou l’Association ontarienne des troubles d’apprentissage, s’ils ont des renseignements à vous fournir sur ce que d’autres parents paient généralement pour les service d’enseignantes ou d’enseignants à domicile. L’entente financière est habituellement conclue sur une base individuelle. Lorsqu’une candidate ou un candidat suggère un tarif, vous pouvez lui demander comment ce montant a été déterminé. Les honoraires demandés sont habituellement basés sur son niveau d’études et son expérience ainsi que sur la reconnaissance des honoraires généralement versés pour des emplois semblables.

---

Interviewé : Leslie Broun, M. Ed.

Leslie Broun a été à l’emploi du conseil scolaire du district de Peel pendant plus de 20 ans, à titre d’enseignante en classe distincte, d’enseignante-ressource itinérante et de consultante pour les élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou d’autres troubles du développement. En 2007, elle était membre du Groupe de référence des ministres en matière de TSA qui a aidé à formuler une nouvelle politique pour les élèves ayant un TSA dans la province de l’Ontario. Elle a siégé au conseil d’administration d’Autisme Ontario pendant six ans et a reçu en 2008 le prix Gerry Bloomfield, en reconnaissance de ses services professionnels exemplaires. Leslie a travaillé pour le ministère de l’Éducation ainsi que pour le Centre Genève pour l’Autisme en plus d’avoir rempli les fonctions d’enseignante-tutrice, d’avoir présenté des ateliers et prononcé des conférences un peu partout au Canada et à l’étranger. Elle a cosigné avec Patricia Oelwein l’ouvrage Literacy Skill Development for Students with Special Learning Needs. Leslie a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à élaborer des stratégies d’apprentissage efficaces et à concevoir du matériel pédagogique pour développer les aptitudes aux études chez les élèves ayant des besoins particuliers.

1.7. Les diététistes

Foire aux questions

1. Qu’est-ce qu’une ou un diététiste et quels sont les services qu’elle fournit à ses clients?

La diététiste (parfois appelée diététicienne ou diététicien ou R.D., abréviation de Registered Dietitian) est membre d’une profession de la santé réglementée, qui possède une connaissance approfondie des aliments et de la nutrition. Les diététistes doivent respecter des normes de qualité professionnelles et sont assujetties à une réglementation provinciale; en Ontario, l’organisme de réglementation est Ordre des diététistes de l'Ontario (ODO). L’ODO a pour mandat de protéger le public. Les diététistes doivent rendre des comptes à leur Ordre et offrir des services de nutrition avec compétence, de manière sûre et conformément à leur code d’éthique.

Les diététistes apprennent à évaluer la santé nutritionnelle d’une personne ainsi que le risque de malnutrition qu’elle peut présenter, en colligeant des renseignements importants, dont les suivants :

  • Alimentation – p. ex., ce qu’une personne mange habituellement, à quel moment, à quel endroit et de quelle façon
  • Mesures corporelles – p. ex., la grandeur et le poids d’une personne
  • Résultats d’analyses sanguines – s’il y a lieu
  • Problèmes gastrointestinaux ou symptômes de tels problèmes
  • Médication et utilisation de suppléments
  • Réseaux de soutien sociaux et familiaux

Ces informations servent à évaluer la santé nutritionnelle et à créer, en collaboration avec les clients, un plan de nutrition qui répond à leurs objectifs et à leurs besoins en matière de nutrition. Les diététistes s’appuient aussi sur les résultats de recherches récentes pour formuler des recommandations nutritionnelles.

2. Quelle est la différence entre une diététiste et une nutritionniste?

Le terme « nutritionniste » n’est pas réglementé au Canada. Cela signifie qu’il n’existe pas de normes d’éducation régissant l’utilisation de ce titre.

Le titre « diététiste » (qui inclut celui de diététicienne/diététicien ou l’abréviation R.D.) est protégé et seules les personnes qui ont suivi et réussi des programmes de formation réglementés et qui sont inscrites à leur ordre professionnel sont autorisées à utiliser ce titre. Les diététistes sont les seuls professionnels de l’alimentation et de la nutrition à pouvoir travailler au sein du système de soins de santé financé par l’État.

Pour s’inscrire à l’Ordre des diététistes, il faut avoir complété un programme universitaire accrédité en Alimentation et Nutrition ainsi qu’un stage de travail, également accrédité. Tous les diététistes doivent passer et réussir l’examen connu sous le nom de Canadian Dietetic Registration Exam. Tous les diététistes sont également tenus de participer à un programme annuel d’assurance de la qualité offert par le Collège des diététistes de l’Ontario.

Pour de plus amples renseignements : www.collegeofdietitians.org or www.dietitians.ca

3. Est-ce que les diététistes peuvent se spécialiser dans la prestation de services ou de soutiens aux personnes qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

Il n’existe pas de formation en diététique comportant une spécialisation pour travailler avec des personnes autistes. Même si certaines ressources éducatives sont disponibles, la plupart des diététistes acquièrent par l’expérience les compétences requises pour intervenir auprès de personnes qui vivent avec un TSA.

4. Quelles sont les questions que je dois poser lorsque je cherche une ou un diététiste pour mon enfant?

Chez les personnes qui vivent avec l’autisme, les préoccupations d’ordre nutritionnel sont particulières. Il est préférable de travailler avec une ou un diététiste qui possède déjà une expérience des besoins des personnes autistes en matière de nutrition.

Avant de retenir les services d’une diététiste, il est important de vous informer de ses expériences antérieures avec des personnes qui vivent avec un TSA ou d’autres troubles semblables. Par exemple, lui demander si elle a déjà été confrontée à des difficultés alimentaires à caractère sensoriel (hypersensibilité aux goûts, aux textures et aux odeurs des aliments), si elle est familière avec l’enchaînement des aliments (partir d’aliments déjà acceptés pour faire la transition vers de nouveaux) et les jeux sensoriels (activités qui utilisent et stimulent les sens). Il peut aussi être utile de demander à la diététiste si elle peut vous orienter, au besoin, vers d’autres professionnels de la santé comme les ergothérapeutes ou les conseillers familiaux ou de communiquer avec le médecin traitant de la personne pour obtenir les noms de tels professionnels. L’approche d’équipe est la meilleure façon d’apporter un soutien à une personne qui vit avec un TSA.

5. À quel moment y a-t-il lieu de solliciter les services d’une ou d’un diététiste?

Comme pour tous les enfants, le régime alimentaire idéal d’un enfant qui vit avec un TSA est un régime bien équilibré. À ce jour, aucune étude n’a conclu à la nécessité de faire suivre un régime alimentaire particulier aux enfants autistes. Veillez à ce que votre enfant consomme des aliments appartenant à divers groupes alimentaires, qui favorisent sa croissance et son développement. Si cela est difficile ou si vous envisagez de lui faire commencer un régime spécifique, rencontrez une ou un diététiste.

Il y a lieu de consulter une ou un diététiste dans les cas suivants :

  • La croissance de l’enfant laisse à désirer – ce qui comprend une prise de poids insuffisante ou trop élevée.
  • Au moins un groupe alimentaire est complètement évité – Les quatre groupes alimentaires sont les suivants : les légumes et les fruits, les produits céréaliers, les produits laitiers et leurs substituts, la viande et ses substituts.
  • Une grève de la faim est déclenchée – p. ex., l’enfant cesse de manger ses aliments favoris ou ne mange pas pendant des jours.
  • La consommation de suppléments alimentaires ou d’aliments de substitution semble une avenue intéressante – p. ex. un régime spécial
  • L’enfant souffre de constipation sévère, ce qui a un effet sur son alimentation – p. ex., il peut y avoir un lien avec une consommation insuffisante d’eau ou de fibres.
  • Les parents et/ou les fournisseurs de soins sont préoccupés par l’alimentation ou la nutrition de l’enfant.

En général, lorsque l’enfant grandit bien et que les habitudes alimentaires de la famille sont satisfaisantes, il n’y a vraiment pas lieu de s’inquiéter. Mais les parents qui ont des inquiétudes de cet ordre peuvent juger utile de consulter une ou un diététiste qui évaluera le régime alimentaire global de l’enfant et déterminera s’il souffre de carences nutritionnelles.

6. Que disent les chercheurs à propos du soutien que peut apporter la ou le diététiste à une personne qui vit avec un TSA?

Un rapport consensuel (consensus report), publié en 2010 dans la revue Pediatrics, indique qu’un médecin ou une diététiste peut aider à minimiser le risque de malnutrition chez un enfant en travaillant en collaboration avec les parents et/ou les fournisseurs de soins afin d’optimiser sa santé nutritionnelle.

Un rapport des Diététistes du Canada, rendu public en 2012 et traitant de la promotion de la saine alimentation et de la santé mentale, montre que les diététistes peuvent jouer un rôle important lorsque des problèmes gastro-intestinaux compromettent la nutrition d’une personne. Les auteurs du rapport font observer que la nutrition ne sert habituellement pas à traiter les symptômes associés à l’autisme, mais qu’une diététiste peut contribuer à apaiser les inquiétudes qu’éprouvent les personnes qui vivent avec un TSA, dont les suivantes : consommation alimentaire insuffisante et non équilibrée sur le plan nutritionnel, préoccupations liées au poids, possibles interactions entre les médicaments et les aliments, consommation de produits non comestibles. Elle peut aussi diriger les familles vers des réseaux de soutien communautaires.

7. Y a-t-il des sujets clés qui intéressent tout particulièrement les parents d’enfants qui vivent avec un TSA?

Les parents sont très intéressés à utiliser la nutrition ou les suppléments nutritifs pour traiter les symptômes d’un TSA et expriment un intérêt particulier pour les régimes sans gluten et/ou sans caséine. Il n’est pas encore démontré que des régimes alimentaires restrictifs peuvent modifier des comportements; par contre de tels régimes peuvent augmenter le risque de développer des carences en nutriments. Le but ultime est une alimentation aussi variée que possible pour garantir une nutrition optimale et éviter de créer un stress aux heures de repas. Toutefois, si l’adoption d’un régime restrictif s’impose, il est préférable de le commencer sous la supervision d’une diététiste ou d’un médecin, qui veillera à ce que sa valeur nutritionnelle soit adéquate. Il est donc recommandé de ne pas entreprendre de régime restrictif (p. ex., sans gluten et/ou sans caséine) avant d’avoir rencontré une ou un diététiste.

8. Comment une diététiste peut-elle travailler en collaboration avec d’autres professionnels (intervenants en comportement, ergothérapeutes, pédiatres) qui offrent un soutien à mon enfant?

Il est préférable de travailler en équipe pour offrir le meilleur soutien possible aux personnes qui vivent avec un TSA. Les diététistes œuvrent en collaboration avec d’autres professionnels de la santé pour prodiguer des soins de qualité optimale aux patients. Avec le consentement de l’enfant et/ou de son fournisseur de soins, la diététiste peut communiquer avec d’autres membres de l’équipe de soins de santé afin de leur transmettre le plan de soins alimentaires et coordonner les thérapies. Par exemple, la diététiste peut discuter des problèmes d’ordre sensoriel ou textural de l’enfant avec l’ergothérapeute dans le but de proposer une thérapie complémentaire pour l’aider à surmonter ces aversions.

9. À quoi puis-je m’attendre lorsque mon enfant bénéficie des services d’une diététiste?

Les diététistes sont formés pour évaluer l’alimentation d’une personne dans le contexte de ses besoins nutritionnels particuliers – p. ex., pour favoriser sa croissance et son développement. En général, la diététiste s’informe des habitudes alimentaires d’une personne en lui posant des questions sur ce qu’elle mange, à quel moment, à quel endroit et de quelle façon. La diététiste peut aussi s’enquérir de l’existence d’autres symptômes cliniques (comme les problèmes gastro-intestinaux) ou d’autres maladies qui peuvent avoir un impact sur l’alimentation ou les besoins nutritionnels, ce qui englobe la consommation de médicaments ou de suppléments alimentaires. Ces informations ainsi que les objectifs nutritionnels de la personne qui vit avec un TSA sont évalués et permettent d’élaborer un plan de soins alimentaires.

Vous pouvez aussi vous attendre à ce qu’une diététiste tente de repérer l’existence de lacunes dans le régime alimentaire de l’enfant et utilise les préférences de ce dernier pour introduire une plus grande variété dans son alimentation en recourant à l’enchaînement des aliments ou à d’autres stratégies d’alimentation. Ainsi, si l’enfant ne mange que des pâtes sans sauce, d’autres choix santé peuvent être explorés (p. ex., de petites pâtes sans sauce, suivies de pâtes de blé entier, puis de quinoa sans sauce).

Une diététiste est aussi en mesure de déterminer les comportements alimentaires typiques de tous les enfants, on parle ici d’enfants « difficiles », « capricieux » ou « sélectifs » dans leurs choix d’aliments, par opposition aux comportements résultant des symptômes d’un TSA.

En tenant compte des habiletés de la personne qui vit avec un TSA, la diététiste peut lui suggérer un niveau approprié de participation aux activités en lien avec la nourriture. Les personnes les plus aptes à participer devraient être encouragées à prendre une part active à la préparation des repas, de façon à favoriser chez elles l’acquisition de compétences de base en cuisine.

N’hésitez pas à poser des questions pour clarifier les informations données et à formuler des suggestions, collaborant ainsi avec la diététiste pour atteindre les objectifs nutritionnels. La diététiste va surveiller la mise en œuvre du plan établi; si celui-ci ne donne pas les résultats escomptés, vous pouvez discuter ensemble de nouvelles idées.

10. Combien dois-je m’attendre à payer pour les services d’une diététiste?

Les tarifs d’une diététiste varient en fonction de l’endroit et des services fournis. En général, l’évaluation initiale coûte entre 85 $ et 150 $ et dure environ une heure; les rendez-vous de suivi peuvent coûter entre 50 $ et 90 $ chacun, et dure habituellement 30 minutes. Certains régimes d’assurance privés couvrent les services de diététique.

Les résidents de l’Ontario peuvent obtenir des réponses rapides à leurs questions concernant les aliments et la nutrition, notamment sur les groupes alimentaires ou sur les portions, en entrant gratuitement en contact avec une diététiste via le site Web Saine alimentation Ontario. Vous pouvez parler directement à une diététiste en composant le numéro sans frais 1‑877-510-5102 ou en lui envoyant vos questions par courriel à l’adresse disponible sur le site www.eatrightontario.ca Sur ce site, vous trouverez également des articles sur la nutrition, des recettes et différentes ressources auxquelles vous pouvez avoir accès.

11. Comment dois-je procéder pour trouver une diététiste dans ma région?

Vous pouvez amorcer vos recherches pour trouver une ou un diététiste dans votre région de deux façons, soit en consultant les Listes de prestataires de services qui sont disponibles dans la base de données Spirale, d’Autisme Ontario, ou la page Trouver une diététiste, sur le site Web des Diététistes du Canada.


Document rédigé par : Laurie Wybenga, R.D. – En consultation avec Stefania Palmeri, R.D.

Laurie Wybenga est une diététiste qui se passionne pour l’éducation nutritionnelle. Elle a obtenu son diplôme de premier cycle à l’Université Ryerson et son titre de diététiste après avoir complété son stage en diététique à l’Hôpital St. Michael’s, à Toronto. Laurie adore travailler avec des clients individuels, mais prend également plaisir à défendre le rôle des diététistes et à diffuser de l’information nutritionnelle dans les forums grand public. À ce jour, elle a réalisé des recherches portant sur la fonction des suppléments nutritionnels dans la prévention de la malnutrition à l’hôpital ainsi que sur l’utilisation de probiotiques pour gérer les diarrhées liées à l’alimentation par tube.

Stefania Palmeri est diététiste à la clinique Medcan, à Toronto, et pratique la diététique à titre privé, à Whitby, en Ontario. Elle a fait ses études de baccalauréat et de maîtrise à l’Université Ryerson, dans le domaine de la communication en matière de nutrition. Durant son stage en diététique à l’Hôpital général North York, à Toronto, Stefania a travaillé avec des enfants qui présentaient des problèmes alimentaires, dont certains avaient reçu un diagnostic d’autisme. Elle est demeurée à l’emploi de la clinique de cet hôpital pendant plusieurs années et, aujourd’hui, dans sa pratique quotidienne, elle reçoit de jeunes enfants en consultation. Elle a déjà réalisé des recherches portant sur les taux de carences nutritives chez les enfants autistes qui souffrent de problèmes intestinaux ainsi que sur la manière dont est communiquée l’information sur la nutrition dans les livres pour enfants.

Pour de plus amples renseignements, voir : PEN – Pratique en nutrition reposant sur des observations factuelles (Diététistes du Canada); Dietitians of Canada Learning On Demand Seminar, par Patricia Novak, R.D., M.H.P. (maîtrise en hygiène publique).

1.8. Les optométristes

Foire aux questions

1. Quelles sont les questions que je dois poser lorsque j’essaie de trouver un ou une optométriste pour mon enfant?

Il est important de savoir si l’optométriste accepte d’examiner de jeunes patients ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). À titre de parent ou de tuteur, demandez d’abord si l’optométriste a déjà travaillé avec une population ayant l’autisme. La clinique a-t-elle des heures d’ouverture qui vous conviennent (tôt le matin, les soirs, les samedis)? Quelle est la politique de la clinique concernant les annulations de rendez-vous? Est-ce que l’optométriste accepte de communiquer avec le personnel enseignant ou d’autres professionnels faisant partie de l’équipe de soins de votre enfant? Le plus important est que l’enfant et sa famille se sentent à l’aise et soient bien accueillis à la clinique et que l’optométriste et les membres de son personnel soient sympathiques et accommodants.

2. Est-ce que l’optométriste serait d’accord pour consulter un parent avant la date du rendez-vous afin d’examiner et choisir les meilleures stratégies pour s’assurer que la visite est un succès tant pour l’enfant que pour l’optométriste? Est-ce que cette visite engendre des coûts supplémentaires?

La majorité des optométristes sont disposés à prévoir ce genre de rencontre. Voilà donc une autre question que vous devriez poser lorsque vous chercher un ou une optométriste. Cette rencontre préparatoire n’est pas couverte par le Régime d’assurance-maladie de l’Ontario (RAMO) et les politiques d’honoraires professionnels peuvent varier d’une clinique d’optométrie à une autre. Notre clinique offre ce service gratuitement, mais nous demandons de recevoir à l’avance (p. ex., par courriel) le plus de renseignements possibles afin que cette rencontre soit d’une efficacité optimale. Il nous est utile de connaître les antécédents médicaux et de santé oculaire de l’enfant, ses difficultés sensorielles, les éléments qui déclenchent chez lui des comportements difficiles à gérer, son niveau de fonctionnement, etc. Une consultation téléphonique est souvent la méthode la plus pratique.

3. Les enfants autistes éprouvent souvent des difficultés à vivre les transitions et à s’adapter à de nouveaux environnements. Est-il raisonnable qu’un parent demande à visiter la clinique avant la date du rendez-vous?

Absolument! Selon les besoins du patient, plusieurs visites peuvent être nécessaires. Il arrive parfois que le patient vienne et s’amuse avec les jouets dans l’aire de réception, puis rencontre l’optométriste et des membres de son personnel. La visite suivante peut comprendre un « petit tour » dans la salle d’examen, l’observation de l’équipement et l’enfant peut même toucher la chaise d’examen ou s’asseoir dessus! Souvent, le fait qu’un parent ou un frère ou une sœur passe un examen des yeux pendant que l’enfant autiste en observe le déroulement nous facilite grandement les choses. De petits objets (collants, bonbons, jouets, etc.) constituant des renforcements positifs sont parfois offerts aux jeunes patients afin de les inciter à revenir à la clinique pour leur rendez-vous. Nous vous recommandons de prendre rendez-vous à des heures où la clinique est un peu moins fréquentée, par exemple au milieu de l’avant-midi ou autour de midi, et lorsque l’enfant est bien reposé.

4. Les enfants ayant un TSA ont souvent des problèmes sensoriels. Que peut faire l’optométriste pour tenir compte de cette réalité?

Il serait utile que l’optométriste soit informé à l’avance de la nature particulière de ces problèmes sensoriels. Par exemple, si le bruit est en cause, il est possible de baisser le son de la chaîne stéréo ou de l’éteindre durant la visite. L’éclairage peut être tamisé dans la salle d’examen. Des lumières vives sont utilisées pour évaluer la santé des yeux, mais l’intensité de celles-ci peut aussi être réduite autant que possible. Si votre enfant n’aime pas s’asseoir sur une surface en vinyle, nous vous conseillons d’apporter une couverture douillette qu’il aime pour en recouvrir la chaise d’examen. Si les parfums ou autres produits odorants sont un sujet d’inquiétude, nous tenterons de les éliminer autant que possible durant la visite. Si votre enfant possède un objet ou un jouet sécurisant, c’est une bonne idée qu’il l’apporte avec lui. Nous avons « examiné » les yeux de nombreux animaux de peluche avant d’examiner ceux du jeune patient!

5. Est-ce que les services d’optométrie sont couverts par le RAMO? Quels sont les autres frais que je devrai payer?

Les enfants sont couverts pour un examen complet de la vue une fois par année jusqu’à l’âge de 20 ans. Au besoin, de nouvelles évaluations partielles sont également couvertes. Après l’âge de 20 ans, les personnes qui touchent des prestations d’invalidité ont droit à un examen gratuit à tous les deux ans. Des frais sont cependant imposés pour les lunettes ou les lentilles de contact.

6. À quelle fréquence mon enfant devrait-il consulter l’optométriste?

Les enfants grandissent très vite et devraient se soumettre à un examen oculaire de routine au moins une fois par année ou plus souvent, si telle est la recommandation du médecin. Il n’est pas rare que plusieurs courtes visites soient nécessaires pour recueillir et confirmer toutes les informations relatives à l’acuité visuelle, à la réfraction, à la vision binoculaire et à la santé oculaire, surtout lorsque les enfants sont de nouveaux patients de notre clinique. Lorsque des changements ou des problèmes sont détectés, l’enfant devrait revenir à la clinique le plus rapidement possible.

7. Comment faites-vous passer des examens de la vue aux enfants non verbaux ou qui ont de la difficulté à s’exprimer oralement?

Lorsque l’enfant est non verbal, nous devons appuyer nos résultats sur des tests objectifs. Certains de ces tests misent sur l’observation – par exemple, la motilité oculaire peut être évaluée en observant l’enfant en train de suivre un jouet qui se déplace de gauche à droite ou les différentes positions de son regard. La réfraction peut être déterminée en « neutralisant » la réflexion de la lumière du fond de l’œil. La santé oculaire peut être vérifiée en regardant à l’intérieur de l’œil. Dans certains cas, il faut mettre des gouttes dans les yeux pour évaluer la réfraction et la santé oculaire (ce qui n’est fait qu’avec la permission du parent ou du tuteur de l’enfant). Plus l’enfant est coopératif, plus les résultats de nos examens sont exacts et complets.

Le Dr Linda Kwasnick, optométriste, est diplômée de l’Université de Waterloo, avec mention au palmarès du doyen. Elle exerce sa profession en pratique privée à Orléans depuis plus de 30 ans. Elle a deux fils qui sont étudiants à l’Université Carleton et a développé un intérêt spécial pour le trouble du spectre de l’autisme après que son fils aîné eut reçu un diagnostic du syndrome d’Asperger il y une dizaine d’année. Linda participe activement aux groupes locaux de soutien aux parents, assistent à des séminaires spécialisés et collabore au travail d’organismes de bienfaisance qui offrent des services aux enfants ayant un TSA et à leurs familles.