La transition vers l'emploi

Honnête, loyal, très déterminé, créateur, logique et attentif aux détails… Ce sont là certains des traits de personnalité souvent attribués aux personnes qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Voudriez-vous embaucher quelqu’un qui possède ces traits de personnalité?

Voudriez-vous embaucher une personne dont le taux d’assiduité au travail et de maintien en fonction est supérieur à la moyenne?

Vous avez probablement répondu « oui » à ces deux questions; pourtant, 86 % des adultes qui ont un TSA sont sans emploi ou sous-employés en Ontario. La majorité (58 %) d’entre eux ont comme principale source de revenus les prestations qui leur sont versées au titre du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées.

Dans le cas des personnes vivant avec un TSA, il faut amorcer plus tôt la planification de leur transition vers la vie adulte!

Pour ce qui est de l’emploi, les élèves qui ont reçu un diagnostic de TSA ont besoin de plus d’aide sur les plans suivants :

  • Les interactions sociales avec les collègues de travail, les compétences organisationnelles et les défis sensoriels.
  • Rendre le travail stimulant, valorisant et/ou significatif.
  • Comprendre les différents rôles et les différentes carrières – les personnes qui vivent avec un TSA ont souvent de la difficulté à entrevoir et imaginer à quoi peuvent ressembler les expériences vécues par quelqu’un d’autre (c’est ce qu’on appelle la Théorie de l’esprit).
  • Se préparer et se présenter à une entrevue — les personnes qui vivent avec un TSA ont souvent de la difficulté à gérer leur anxiété, à décoder les indices sociaux et/ou à communiquer l’information requise.
  • Autonomie sociale – transmettre des informations concernant leurs besoins personnels et les aménagements de leur lieu de travail qui leur seraient utiles.
  • Santé mentale – s’assurer que la personne possède la stabilité psychologique nécessaire pour s’intégrer dans un milieu de travail. Bon nombre des personnes qui ont un TSA souffrent aussi de troubles de santé mentale, comme l’anxiété ou la dépression.

Les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui ont un TSA tiennent aussi au fait que la population est généralement peu renseignée sur les forces et les habiletés dont elles peuvent faire bénéficier leur milieu de travail.

Des idées pour les écoles

  • Orienter les élèves vers les programmes d’enseignement coopératif qui leur offrent des possibilités de faire des stages de travail dans la collectivité et ainsi explorer leurs champs d’intérêts.
  • Apprendre aux superviseurs de l’enseignement coopératif à cultiver les talents des jeunes qui vivent avec un TSA et à tenir compte de leurs préférences. Veiller à mettre en place un plan de formation qui correspond à leurs styles d’apprentissages respectifs.
  • Encourager les personnes qui ont un TSA à devenir bénévoles en leur offrant des possibilités de bénévolat et en les aidant à se préparer pour ce genre d’activités.
  • Rendre obligatoire la participation à des rencontres axées sur la planification de carrière et la transition vers le monde du travail. Les élèves qui ont reçu un diagnostic de TSA ont parfois besoin de plus de temps pour envisager et comprendre les différentes possibilités de carrière. Des rencontres supplémentaires les aideront à choisir leur parcours professionnel.
  • Déterminer leurs forces, leurs habiletés, leurs intérêts, leurs talents et leurs styles cognitifs à l’aide des outils d’évaluation disponibles dans toutes les écoles de l’Ontario.
  • Établir des relations avec les programmes de transition, les collèges et les services d’emploi de la collectivité locale.
  • Veiller à ce que les jeunes adultes participent à la mise en Ĺ“uvre de leur Plan d’enseignement individualisé (PEI).

Des idées pour les personnes et les familles

  • Participer aux travaux d’entretien ménager et assumer les responsabilités qui vous ont été attribuées à la maison. Une allocation monétaire pour les tâches accomplies, ou toute forme de récompense, constituera probablement un bon facteur de motivation.
  • Faire du bénévolat dans la collectivité et chercher un emploi d’été afin d’acquérir de l’expérience dans divers contextes.
  • S’inscrire à des programmes centrés sur l’emploi, sur les compétences de la vie autonome et sur les habiletés sociales qui préparent à l’autonomie une fois parvenu à l’âge adulte.
  • Encourager les jeunes qui vivent avec un TSA à « interviewer » des membres de leur famille et des amis pour se renseigner sur certains emplois ou certaines carrières.
  • Les inscrire à des programmes de préparation à l’emploi ou de stages en milieu de travail.
  • Aider les jeunes adultes à développer des habiletés à défendre leurs intérêts afin qu’ils soient en mesure de bien informer l’employeur de leurs forces et de leurs besoins.
  • Déterminer leurs forces, leurs habiletés, leurs intérêts, leurs talents et leurs styles cognitifs.
  • Procéder à des évaluations psycho-professionnelles.
  • Dans les cas où le travail indépendant semble une option viable, évaluer les talents de la personne, soupeser ses chances de réussir à vendre un produit ou un service, l’aider à cultiver ses talents d’entrepreneur et vous renseigner sur les possibilités de formation et de mentorat au sein de petites entreprises.

 

 

Rédaction : Sarah Duhaime, MServSoc, TSI – Coach de préparation à la vie autonome et à l’emploi au Redpath Centre.

Le Redpath Centre (à Toronto, en Ontario) s’efforce de répondre aux besoins sociaux et émotionnels d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui ont reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger et d’autres troubles de santé mentale, en misant sur les pratiques exemplaires, sur la collaboration intersectorielle, sur l’éducation et sur la recherche. Des cliniciens expérimentés facilitent notre travail grâce à leur connaissance approfondie du syndrome d’Asperger et de troubles connexes. Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Web : www.redpathcentre.ca.

Documents de référence

Accardi, C., et S. Duhaime. « Trouver et conserver un emploi », Base de connaissances d’Autisme Ontario, www.autismontario.com.

Baron-Cohen, S., Leslie, A.M. et U. Frith. « Does the Autistic Child have a “Theory of Mind”? », Cognition, vol. 21, no 1, p. 37-46 (1985).

Stoddart, K.P., L. Burke, B. Muskat, J. Manett, S. Duhaime, C. Accardi, P. Burnham Riosa, et E. Bradley. Diversity in Ontario’s Youth and Adults with Autism Spectrum Disorders: Complex Needs in an Unprepared System, Toronto (ON), The Redpath Centre, 2013.