1/4 Le trouble du spectre de l’autisme et le sommeil

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Une étude de 2009 publiée dans la revue Sleep Medicine Reviews indique que les parents reconnaissent, dans une proportion de 50 à 80 %, que leurs enfants autistes éprouvent des problèmes de sommeil; en comparaison, ce taux chute entre 9 et 50 % chez les enfants qui n’ont pas reçu de diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le pourcentage établi pour les enfants autistes est également plus élevé que celui observé chez les enfants ayant des troubles du développement autres que le TSA.

Dans un étude récente intitulée « Sleep Problems and Autism », le groupe britannique de revendication Research Autism a dressé une liste des problèmes de sommeil les plus fréquents chez les enfants et les adultes qui vivent avec un TSA.

  • Difficulté à s’endormir
  • Difficulté à rester endormi ou à dormir toute la nuit
  • Réveil matinal précoce
  • Sommeil de courte durée
  • Fragmentation du sommeil (sommeil irrégulier toute la nuit durant)
  • Hyperexcitation ou anxiété plus élevée à l’heure du coucher
  • Somnolence diurne excessive

La même étude a également mis en évidence plusieurs causes sous-jacentes de ces problèmes de sommeil, qui sont directement ou indirectement reliées au diagnostic de TSA, notamment les suivantes :

  • Rythme circadien irrégulier : Le rythme circadien est l’horloge biologique quotidienne qui régule le cycle de veille-sommeil chez les humains en fonction de la lumière du soleil, de la température et d’autres facteurs environnementaux. Le rythme circadien est induit dans le cerveau, et les personnes qui vivent avec un TSA ont aussi un cycle de veille-sommeil irrégulier. De plus, certaines études ont établi un lien entre l’autisme et la production irrégulière de mélatonine, une hormone naturelle qui aide à réguler le rythme circadien.
  • Troubles mentaux : Le trouble du spectre de l’autisme s’accompagne souvent d’anxiété et de dépression; ces deux conditions génèrent fréquemment de l’insomnie et d’autres troubles du sommeil. Des études ont également laissé sous-entendre que près de la moitié de tous les enfants autistes présentent aussi des symptômes du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) qui provoque une humeur exaltée à l’heure du coucher.
  • Problèmes médicaux : Il existe souvent une comorbidité entre l’épilepsie et le TSA, et les crises épileptiques peuvent perturber grandement le sommeil – même sur une base régulière dans les cas graves. Parmi les autres problèmes médicaux courants chez les personnes autistes, mentionnons la constipation, la diarrhée et les reflux acides.
  • Effets secondaires des médicaments : Les personnes autistes qui prennent des médicaments peuvent éprouver des effets secondaires qui interfèrent avec le sommeil. Par exemple, les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) provoquent parfois de l’agitation et de l’hyperactivité à l’approche de l’heure du coucher. D’autre part, des antipsychotiques comme l’halopéridol et la rispéridone peuvent causer une somnolence excessive durant le jour, ce qui engendre un sommeil agité et des problèmes de maintien du sommeil.

Souvent, les personnes autistes ont plus de difficultés que les personnes neurotypiques à gérer les pressions quotidiennes et les interactions avec les autres. Le manque de sommeil risque d’amplifier grandement les sentiments de détresse et d’anxiété qu’elles ressentent fréquemment. Résultat, bon nombre des personnes autistes qui dorment mal ont aussi de la difficulté à bien gérer leur vie professionnelle, leurs études et les interactions sociales – autant d’éléments qui peuvent influencer leur vision des choses.

Les problèmes de sommeil persistants indiquent parfois l’existence d’un trouble du sommeil. L’insomnie est le trouble du sommeil le plus souvent signalé chez les adultes et les enfants qui ont un TSA. L’insomnie est définie comme une difficulté à tomber et/ou rester endormi chaque soir ou un soir sur deux, pendant plus d’un mois. Un rapport d’étude publié dans la revue Sleep a révélé que 66 % des enfants autistes présentaient des symptômes d’insomnie. Une étude semblable réalisée en 2003 avait conclu que de 75 % à 90 % des adultes qui avaient à l’époque reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger avaient déclaré des symptômes d’insomnie dans leurs réponses à des questionnaires ou dans leurs agendas du sommeil.

En outre, de nombreuses parasomnies telles que les cauchemars fréquents, les terreurs nocturnes et l’énurésie (incontinence urinaire nocturne) sont très courantes chez les enfants autistes, tout particulièrement chez ceux qui ont reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger. L’incapacité de l’enfant à exprimer ses peurs et ses malaises lorsqu’il se réveille – souvent attribuable au TSA – peut compliquer la façon dont les parasomnies sont abordées et traités. De plus, les enfants autistes se réveillent souvent au milieu de la nuit et se livrent à des activités « inopportunes », comme s’amuser avec des jouets ou lire à haute voix.

Des spécialistes du sommeil étudient présentement les relations entre d’autres problèmes de sommeil et le trouble du spectre de l’autisme. À titre d’exemple, le docteur Steven Park a récemment mentionné l’existence d’un lien possible entre le TSA et l’apnée obstructive du sommeil (AOS), un trouble qui se caractérise par un arrêt momentané de la respiration durant le sommeil, arrêt résultant d’une obstruction des voies respiratoires. La théorie du docteur Park pose comme hypothèse que l’hypertension intracrânienne observée chez de nombreux bébés et des enfants en bas âge qui ont un TSA peut aussi se traduire par une déformation de la mâchoire, souvent responsable elle aussi de troubles respiratoires du sommeil. D’autres chercheurs ont exploré le lien entre le TSA et des troubles comme la narcolepsie et le somnambulisme. Cependant, l’insomnie et les parasomnies demeurent les troubles du sommeil les plus courants chez les adultes et les enfants qui vivent avec un TSA. Voir la vidéo Le sommeil des enfants autistes (français).

Jetons maintenant un coup d’œil aux traitements possibles des adultes et des enfants qui ont un TSA et qui sont aux prises avec un trouble du sommeil. (Voir l’article : « Traitements possibles pour les personnes autistes qui ont des problèmes de sommeil »)

*L’article en français contient les liens fournis dans l’article original, rédigé en anglais. Dans la mesure du possible, tout en respectant le message de l’auteur, des liens à des renseignements en français ont été insérés.