Développer les aptitudes à l'emploi partie 2

Développer les aptitudes à l’emploi d’un adolescent ayant un TSA grâce au bénévolat : s’engager dans la communauté

(Deuxième d’une série de deux articles)

Par Laurie Pearce 

Commencez doucement

Lorsque la routine des tâches ménagères et les règles applicables à l’argent sont bien établies, le moment est venu d’explorer les possibilités de travail (bénévole) au sein de la communauté. Pour ce faire, utilisez une stratégie simple que j’appelle « bénévolat de guérilla ». Cherchez des travaux utiles et occasionnels, d’exécution facile, que votre enfant sera apte à effectuer : par exemple, à l’épicerie, mettre le présentoir à épices en ordre, ranger les boîtes de conserve sur les tablettes pour que les étiquettes soient bien visibles; à la bibliothèque, vérifier que les vidéos sont classés en ordre alphabétique, etc. Les tout premiers jours, créez secrètement un peu de désordre que votre enfant pourra corriger rapidement et facilement de manière à ce qu’il ne se sente pas débordé au début, puis, petit à petit, veillez à ce que des tâches plus difficiles lui soient assignées.

Assurez‑vous que l’enseignant connaît bien les capacités de votre enfant. Demandez‑lui de lui confier des tâches liées au travail, comme apporter la feuille de présence au bureau, préparer le matériel pour une activité ou faire le ménage par la suite.

Genre de bénévolat à privilégier

Essayez de trouver des activités bénévoles qui correspondent aux critères suivants : 

  • Une tâche que votre enfant est capable d’effectuer (en tout ou en partie) : cela pourrait nécessiter le développement de capacités additionnelles, autres que celles qu’exigent les tâches ménagères (voir les suggestions de ressources à la fin de cet article).
  • Une tâche qui correspond à ses intérêts : préfère‑t‑il travailler dans une épicerie ou dans une quincaillerie?
  • Une tâche qui correspond à ses capacités : l’enfant est‑il plus apte à effectuer une tâche nécessitant une motricité fine ou une tâche qui requiert moins de précision?
  • Une tâche qui se réalise dans un cadre que l’enfant peut supporter : est‑il sensible au bruit ou a‑t‑il besoin d’une certaine tranquillité? Préfère‑t‑il travailler au grand air ou à l’intérieur?
  • Une tâche qui s’exécute dans un univers familier : une nouvelle tâche peut se compliquer dans un univers inconnu. Cela est encore plus important quand c’est la première fois que l’enfant entreprend un travail bénévole.
  • Une tâche nécessitant un degré d’interaction sociale avec lequel l’enfant est confortable : par exemple, est‑il capable d’indiquer le chemin à des étrangers? Est‑il plus à l’aise dans des rencontres en personne ou au téléphone? A‑t‑il besoin de communiquer de façon non verbale?
  • Une tâche qui s’exécute dans un environnement où ses besoins sont pris en compte : p. ex., autoriser le port d’écouteurs, apposer des étiquettes pour que l’enfant puisse se familiariser avec l’environnement, organiser le milieu de travail différemment. 

Demandez aux enseignants, aux surveillants des loisirs, aux travailleurs de soutien, etc. de vous proposer des suggestions de travail bénévole qui conviendrait à votre enfant et mobiliserait toute son attention.

Où chercher des possibilités de travail bénévole

C’est après avoir trouvé des idées d’activités bénévoles que le gros travail commence : trouver un endroit où votre enfant pourrait commencer à faire du bénévolat. Renseignez‑vous d’abord auprès des entreprises et des organismes avec lesquels vous entretenez des relations, par exemple : 

  • des magasins ou des entreprises du milieu, surtout si leurs propriétaires ou leurs gérants habitent dans les environs;
  • des services locaux (journal communautaire, centre de loisirs, fournisseur de services sociaux);
  • les endroits où travaillent des membres de votre famille ou des amis;
  • un lieu qui offre des services utilisés par des membres de votre famille ou des amis (centre de loisirs, centre pour personnes âgées, église, garderie, centre sportif, école, studio de yoga, gymnase). Pour ne pas créer de confusion quant aux rôles, évitez les lieux que fréquente votre enfant à titre de participant. 

Comme pour les tâches ménagères, choisissez un travail que votre enfant peut effectuer régulièrement plutôt qu’une activité qui se déroule une seule fois : en règle générale, il est préférable que l’enfant assure la livraison du journal communautaire toutes les deux semaines au lieu de distribuer des dépliants d’information sur une activité de financement qui se déroule annuellement. De plus, comme pour les tâches ménagères, cherchez du travail qui correspond aux intérêts de votre enfant et qu’il peut accomplir assez facilement de manière à accroître son niveau d’aisance et de confiance.

Déterminez comment votre enfant sera rémunéré pour son travail. En règle générale, la rémunération du travail effectué à l’extérieur du foyer est plus élevée que celle des tâches ménagères et peut parfois être en lien avec l’endroit où il travaille (p. ex., la possibilité de se rendre dans un magasin ou un restaurant situé près de son lieu de « travail »).

Des organismes comme Charity Village et des centres locaux de bénévolat recrutent fréquemment des bénévoles en ligne. Souvent, les emplois annoncés exigeront des compétences dépassant celles de votre enfant ou concerneront des événements ponctuels, mais cela vaut quand la peine d’essayer de les obtenir. Par exemple, après avoir distribué des dépliants pour la fête annuelle d’un organisme communautaire, mon fils a été rappelé chaque fois que l’organisme avait des dépliants à distribuer pour d’autres événements. Dans un autre cas, une activité de bénévolat ayant duré 90 minutes pendant la période des Fêtes a permis à mon fils de participer à un programme d’éducation coopérative appuyé par l’école. C’est une occasion qui ne se serait jamais présentée si nous n’avions pas exploité la première possibilité de travail bénévole.

Soyez à l’affût des occasions qui se présentent – votre instinct vous avertira quand vous aurez déniché un endroit convenable et, plus important encore, trouvé des gens dont la compassion, l’intérêt et l’attitude sont de nature à favoriser la réussite de votre enfant.

L’enfant n’est pas le seul à avoir besoin de formation

Si possible, demandez à une personne autre qu’un parent d’accompagner l’enfant à son lieu de travail bénévole, question de bien marquer la séparation entre le foyer et le travail. Un travailleur de répit ou un autre aidant constitue un bon choix, tout comme un ami de confiance, ou encore l’un de ses frères et sœurs.

Prenez le temps de bien renseigner les personnes qui auront à travailler avec votre enfant sur les TSA en général et sur votre enfant en particulier, et de les informer des stratégies et du soutien dont il aura besoin. Au besoin, n’hésitez pas à demander que des adaptations soient apportées au lieu de travail et formulez des attentes raisonnables : il vaut mieux que l’« employeur » soit agréablement surpris plutôt que déçu. Attention au surveillant bien intentionné qui prend votre enfant en pitié et qui exécute le travail à sa place ou qui accepte de lui un rendement minimal : c’est une attitude qui ne lui sera pas utile à long terme.

Jetez un coup d’œil à ces excellentes ressources

Les ouvrages intitulés « Tasks Galore » et « Tasks Galore at Work » sont des appuis visuels novateurs pour organiser la formation à domicile afin que votre enfant puisse développer et mettre en pratique des aptitudes à l’emploi (p. ex., assembler, classer et trier). Voir http://www.tasksgalore.com/ pour de plus amples renseignements. Vous pourrez peut‑être les obtenir par l’entremise de l’école de votre enfant ou d’un fournisseur de services.

 

Note : Dans ce document, l’utilisation du genre masculin vise seulement à faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire.

 

Mots clés : Aptitudes à l’emploi, bénévolat, conseils pratiques aux parents